Déclaration d’amour au patinage artistique

 

J’ai une confession à vous faire : depuis ma plus tendre enfance, bercée par les sauts de cabri de Surya Bonaly, je suis fascinée par le patinage artistique. J’aurais voulu en faire petite, mais il n’y avait pas de patinoire à côté de la maison. J’ai enfin pu m’inscrire à un cours il y a quelques années, et là, déception : c’est fatigant, il fait froid, je suis trop vieille pour progresser. Je suis donc revenue à mon premier amour, la gymnastique artistique. Oui à trente-et-un ans. Mais c’est une autre histoire.

Les Jeux Olympiques commencent demain et je le sais : je vais me relever la nuit pour regarder le patinage en direct depuis la patinoire de Gangneung. Et j’espère que vous ferez de même, parce que le patinage c’est vachement chouette.

 

Le patinage, c’est carrément badass

 

Est-ce que vous avez déjà posé un pied sur une patinoire ? Oui ? Est-ce que vous avez réussi à avancer ? Difficilement ? Est-ce que vous vous êtes gaufré ? Ça faisait mal hein ? Vous avez eu peur non ?
Alors imaginez ce que peuvent ressentir les champions. Eux vont vite, très vite. Ils patinent vers l’avant, vers l’arrière, de profil. Ils font des sauts dans un sens, dans l’autre, se réceptionnent toujours sur un pied. Ils font des pirouettes (tours sur un pied) et, en couple, plus ils sont proches l’un de l’autre lorsqu’ils tournent, plus ils ont de points. Il y a même eu un accident, en 2007, lorsque le Canadien Bryce Davison a mis un coup de patin malheureux dans le visage de sa partenaire Jessica Dubé, entraînant une intervention chirurgicale et plus de 80 points de suture.
Un patin > les griffes de Freddy.

Par ailleurs, non content d’être dangereux, ce sport exigeant nécessite des heures d’entraînement avant d’atteindre un niveau correct, et les athlètes risquent leur vie dans des costumes pas possibles.

 

Cette figure s’appelle « la spirale de la mort » parce qu’elle peut causer la mort.

 

Les costumes

 

Parlons-en, des costumes. Oui, on vous entend d’ici : « les strass, le velours, le lycra, c’est tellement ringard ! ». Et vous n’avez pas tort, mais ils participent clairement au charme de la discipline. Faisons une comparaison avec le catch. Tout le monde a hurlé de jubilation lorsque Chris Jericho a sorti pour la première fois sa veste lumineuse, et Rey Mysterio ne serait rien sans son masque. Il en est de même pour le patinage. Le James Bond de Brian Joubert aurait été beaucoup moins classe sans ses épaulettes laquées et son col blanc à strass. Les tenues de Katarina Witt aux jeux de Calgary avec jupon brillant, sequins et plumes l’ont clairement aidée à passer à la postérité, et on s’est tous demandé si notre trublion national, Philippe Candeloro, avait un slip sous son kilt pour son programme sur Braveheart.

 

– Si on me jette fort, je peux planer quelques secondes grâce à mes manches.
– C’est fantastique, je suis en pâmoison. As-tu vu mes paillettes ?

 

Les styles et la créativité

 

Le patinage fait partie de ces sports où une note artistique est attribuée. Il ne suffit pas d’enchaîner les salchows, les pirouettes ou les portés. Il faut raconter une histoire, avoir de la personnalité. Certains font de leurs prestations des shows magnifiques, comme Torvill & Dean qui avaient touché le monde lors des jeux de 1984 sur le Boléro de Ravel. Comment ne pas citer « le Tsar » Evgeni Plushenko, aux traits quelconques et à la coupe de cheveux pour le moins particulière (voir la première photo de l’article), qui, dès sa première glissade, se transforme en dieu ! Et, même s’il est aujourd’hui plus célèbre pour ses blagues racistes/sexistes, Philippe Candeloro était indéniablement un artiste aux mille visages : Conan, D’Artagnan, Le Parrain, William Wallace…

Enfin les grandes compétitions se terminent toujours par des galas, où les patineurs ne sont évidemment pas jugés, donnant lieu à des galéjades et facéties où l’on entendra immanquablement Nelson Monfort s’esclaffer : « quel show man ce (insérer le nom du patineur du moment) ! ».

Malheureusement, il arrive que certains athlètes tombent parfois dans le cliché. Les Russes évoluent presque systématiquement sur des musiques classiques, et leurs représentants masculins ont des coiffures ringardes. Les sourires des Américains sont ultrabright, et leurs prestations semblent sorties d’une production de Michael Bay. Les Japonais et les Coréens, pour reprendre les termes un peu maladroits d’un consultant de France TV, sont tous mignons, comme des petits Pikachu. Les Français sont cool. Mais capables du meilleur comme du pire.

 

Le suspens

 

Il faut bien l’avouer : à part les juges et les entraîneurs, personne ne comprend rien aux règles du patinage. Il y a certainement des exigences avec des éléments qui valent des points qu’on additionne, et aussi une note artistique forcément subjective. Le suspense reste donc complet jusqu’à la fin pour le spectateur lambda. Les commentateurs ont beau aduler tel ou tel athlète, on est toujours témoin d’une injustice et/ou d’un scandale. C’est donc un sport dans lequel le chauvinisme et la mauvaise foi sont acceptés, et c’est agréable de pouvoir traiter un juge d’enculé sans se faire rabrouer.

 

Pour les commentaires truculents de Nelson Monfort et Philippe Candeloro

 

… Nan j’déconne.

Le fan de patinage artistique aura globalement deux options pour regarder son sport.

La première, la plus évidente : le service public, et ses trois commentateurs stars. Annick Dumont, entraîneur et consultante apporte la caution technique et professionnelle. Le rôle de Nelson Monfort et Philippe Candeloro est évidemment de dire le plus de conneries possible pour atteindre le niveau de divertissement de Camping ou des Tuche.

Le + : vous passerez un très bon moment si vous avez un humour potache.

Le – : Philippe Candeloro est incapable de la fermer pendant les prestations des patineurs.

La deuxième option : Eurosport. Pas de potacheries ici. Nathalie Péchalat, ancienne danseuse sur glace et Alban Préaubert, également ex-patineur, assurent les commentaires. C’est sobre, et efficace.

Le + : vous arriverez vraiment à vous concentrer sur le patinage et vous apprendrez des choses.

Le – : la chaîne est payante.

Malheureusement, si les droits des grandes compétitions sont habituellement achetés par les deux chaînes, seule France TV diffusera ces Jeux Olympiques. Si la voix de Nelson Monfort vous insupporte vraiment, vous pourrez toujours regarder un streaming étranger dégueulasse sur votre ordinateur.

 

C’est l’un des seuls sports dans lequel la France est sûre d’avoir une médaille d’or

 

Jason Lamy-Chappuis revient tout juste de blessure et de retraite anticipée et, on ne le lui souhaite pas, mais Martin Fourcade peut rater un tir. En ski comme en snowboard cross, le risque de chute est toujours là. Alors qu’en danse sur glace, on a Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. Des Clermontois, ville décidément pourvoyeuse de champions puisque c’est aussi la patrie de Renaud Lavillenie (on évitera les blagues éculées sur l’ASM). Le couple a tout gagné ces dernières années. Champions de France, d’Europe, du Monde, recordmen du nombre de points depuis l’instauration du nouveau code. A moins que l’un d’entre eux ne soit pris d’une Yoann Dinizite aigüe, il y a 100% de chances qu’ils soient Champions Olympiques. Quand en Danse sur Glace on dit ça d’un couple, c’est son destin, il sera le meilleur. Ça s’est bien vu en 2002 à Salt Lake City avec la victoire de Marina Anissina et Gwendal Peizerat (non, non, le fait que les juges français et russes se soient arrangés n’y est pour rien).

Une victoire française fera plaisir à votre fibre patriotique, l’occasion d’être (enfin !) fier de sa nation et de secouer son petit drapeau tricolore devant la télé. Et puis ça vous fera un sujet de conversation avec Mamie au repas du dimanche midi.

 

Vive la France !

 

Et pour aller plus loin…

 

Le patinage, source d’émotions et de drames, inspire le cinéma : ce mois-ci sort un film sur Tonya Harding, avec Margot Robbie qui a été nommée à l’oscar pour ce rôle.

 

Le programme heure française

 

Vendredi 9, dimanche 11 et lundi 12 février à partir de 2h : épreuve par équipes
Mercredi 14 février – 2h : programme court couples
Jeudi 15 février – 2h30 : programme libre couples
Vendredi 16 février – 2h : programme court homme
Samedi 17 février – 2h : programme libre hommes
Lundi 19 février – 2h : programme court danse sur glace
Mardi 20 février – 2h : programme long danse sur glace
Mercredi 21 février – 2h : programme court femmes
Vendredi 23 février – 2h : programme libre femmes

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3 réflexions au sujet de « Déclaration d’amour au patinage artistique »

  1. Je ne connais ni le patinage ni le catch. En patinage artistique les gens traitent le juge d’enculé sans se faire rabrouer? Donc c’est au catch qu’on lance des bouquets de fleurs à la fin.

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