Retour sur France-Australie (2-1)

Le contexte :

Ça y est, la Coupe du monde de football a démarré. Et que vous aimiez le foot ou non, pendant un mois, vous allez bouffer des matchs, des débats, des pubs, Pierre Ménès, voire pire, des pubs avec Pierre Ménès.

 

Cet homme a une technique infaillible pour perdre 30 kilos en trois semaines, les diététiciens le détestent ! Découvrez son secret pour seulement 16€90 !

 

Alors quitte à subir tout ça, au moins s’y intéresser un minimum, ne serait-ce que pour ne pas être trop largué quand vos amis s’engueuleront pendant des heures pour savoir si Pogba mérite d’être titulaire ou si Thauvin est meilleur que Griezmann (spoiler : ce débat n’aura lieu que si vous avez un ami fan de l’OM, ce que l’on ne vous recommande évidemment pas).

Bref, pour son premier match, l’équipe de France était opposée à l’Australie, une équipe que l’on ne qualifiera pas de nulle même si ça n’empêchera pas tout le monde de le penser. Il faut dire qu’en Australie, on fait du soccer quand on est trop nul pour faire du foot australien, du rugby à XIII, du rugby à XV, du cricket, du baseball, du basket-ball, de la planche à voile, de la course à pied et du lancer de tongs. Autant dire que personne ne donnait cher de la peau des surfeurs et que tout l’hexagone s’attendait à une victoire plutôt tranquille des Français pour démarrer la compétition du bon pied.

 

La compo :

Après des mois à se faire houspiller par 65 millions de sélectionneurs, Didier Deschamps a décidé d’en contenter une large majorité en alignant une compo directement votée sur Twitter. Exit les latéraux titulaires, Mendy et Sidibé, remplacés respectivement par Hernandez (l’interprète de « Born to be Spanish ») et Pavard (plus FN-friendly). On note aussi l’éviction de Matuidi, qui a laissé sa place à Tolisso, et de Giroud, remplacé par Dembélé (parce que quitte à se ridiculiser en manquant un duel face au gardien averse, autant se faire plaisir en humiliant deux ou trois défenseurs au passage).

 

 

Le film du match :

Le match démarre plutôt bien pour les Français. Très rapidement, Pavard trouve Mbappé en profondeur mais, dans un angle fermé, le Parisien bute sur Ryan. Dans la foulée, le Pogcoup-franc de Pogba termine dans les Pogmains du gardien adverse, tout comme la demi-volée de Grizou qui, bien que cadrée, est un peu trop molle pour être vraiment dangereuse (elle a mis environ 52 minutes à arriver jusqu’au but australien, pour vous donner une idée).

À ce stade, même si les Français ne trouvent pas la faille, on est plutôt rassurés. On se dit qu’à ce rythme, ça va bien finir par rentrer, que les Bleus mèneront 2-0 à la mi-temps, 6-0 à la 70e, que Deschamps fera rentrer Thauvin à la 92e et que Lloris remontera tout le terrain à la 93e en gueulant « GOAL VOLANT ! » pour participer à la fête.

Mais petit à petit, la sérénité laisse place au doute, et le doute va carrément revêtir un petit parfum d’angoisse, comme après cette faute de Pavard qui débouche sur un coup-franc où Tolisso n’est pas loin de tromper Lloris. Heureusement, le capitaine français plonge bien et sort la balle du cadre. Comme quoi, quand Lloris a l’impression d’être à l’entraînement et qu’il oublie l’enjeu, il est tout à fait capable de se montrer décisif. Mettez une chasuble à nos futurs adversaires et on ne prend plus un but du tournoi.

Bref, les minutes défilent comme de vulgaires entraîneurs du PSG et les Australiens reprennent peu à peu le contrôle du match. Ils accumulent les petites fautes en mode « Oups, pardon, je t’ai marché sur le pied / mis un coup de coude / fait un chat-bite, désolé, j’ai pas fait exprès » et grâce à cette technique de chien plutôt efficace, cassent le rythme de la rencontre. En face, les Français, encore plus apathiques que Ben Affleck dans Justice League, ont l’air de se demander ce qu’ils foutent là et semblent bien incapables de créer du danger.

 

Quand t’es en CM2 et que tu simules une blessure parce qu’un CE1 te met la misère

 

La mi-temps est alors sifflée et une fois de plus, on ne peut pas s’empêcher de se demander comment les Français réussissent à rendre chiants et laborieux tous les matchs auxquels ils participent, et ce quel que soit le sport. Sauf le handball me direz-vous, mais un sport où les Bleus peuvent gagner autant de titres de suite mérite-t-il vraiment d’être pris au sérieux ? 

À la reprise en tout cas, les Français tentent à nouveau de mettre le pied sur le ballon. Ça paye puisque vers la 55e, N’Golo Kanté récupère un ballon, le regonfle, le nettoie avec une éponge, lui fait des bisous et lui apprend à dire Papa avant de le transmettre à Pogba. Le milieu mancunien lance Griezmann d’une longue passe en profondeur avant que ce dernier ne s’écroule dans la surface. Sur le coup, l’arbitre ne siffle rien et l’action se poursuit. 18 ans plus tard, le fils de l’arbitre regarde la vidéo sur son iPhone 23, se rend compte qu’il y avait un contact sur le pied de l’attaquant madrilène et décide d’accorder un pénalty aux Français. Le fils de Griezmann, David B. Jr, fait justice à son père et ouvre le score pour les Bleus.

Mais la joie est de courte durée car quelques minutes plus tard, sur un nouveau coup de pied arrêté australien, Samuel Umtiti, probablement bouleversé par toutes ces nouveautés, décide de boxer le ballon du poing dans sa propre surface. Manque de bol, cette fois il ne joue ni pour Lyon, ni pour Barcelone et sa faute est donc sifflée par l’arbitre de la rencontre, de plus rapidement convaincu par les huit Australiens qui se précipitent vers lui avec des photos de bébés kangourous pour l’amadouer. Jedinak prend Lloris, toujours aussi bon dans l’exercice, à contre-pied et remet les deux équipes à égalité.

Ce but fait mal au crâne des Français qui se voyaient déjà en finale deux minutes plus tôt et les minutes qui suivent sont aussi brouillonnes et chaotiques que la fin de la première mi-temps. Semblant considérer que les supporters français ont eu la leçon qu’ils méritaient, Didier Deschamps reprend ses bonnes vieilles habitudes, fait rentrer Giroud pour calmer les Australiens et Fékir pour calmer les Lyonnais, bien que cela semble être une cause perdue…

Le coaching paie quelques minutes plus tard puisqu’après une double une-deux avec Giroud, Pogba fait appel à la Pogchatte et voit sa frappe déviée juste ce qu’il faut pour rebondir sous la Pogbarre, rentrer dans le but et ressortir. La gamelle est validée par la Goal Line Technology et la France mène donc 2-1. Vous noterez au passage qu’avec un but validé par la VAR et un but validé par la GLT, la France est définitivement devenue une véritable start-up nation. Vivement que l’équipe soit coachée par une IA dirigée à distance par les votes des Twittos.

Sans surprise, les dix dernières minutes sont aussi longues à vivre que si l’on se faisait tatouer l’intégralité des équipes contre lesquelles Benzema a marqué un but cette… Ah non, pardon, mauvaise comparaison. Philosophe, Bixente Lizarazu lâche un petit « Il ne faut pas avoir peur d’être moches », ce qui est toujours plus facile à dire quand tu as presque 50 balais et un physique qui complexerait n’importe quel mannequin Abercrombie. Heureusement, sans trop de grosse frayeur, les Bleus gèrent bien la fin du match et s’imposent donc finalement 2 buts à 1.

 

« Je vous propose de faire une minute de silence en mémoire du temps de jeu de Djibril Sidibé dans cette Coupe du monde. »

 

Les points positifs :

Malgré un match âpre et parfois rugueux, pas de blessure à déplorer côté français. À part peut-être une petite fracture de l’ego pour Grizou, sorti à la 70e. Probablement un mal pour un bien en ce moment (rappelons qu’il avait aussi été mis sur le banc lors du dernier Euro, avant de revenir plus en forme que jamais).

L’équipe de France, comme dans tous les sports, n’est jamais aussi forte que quand elle est critiquée. Une bonne base de travail pour arriver face au Pérou avec la haine. Un état d’esprit qui ne sera pas inutile puisqu’en Amérique du Sud, les joueurs ont en commun avec les opposants politiques qu’ils n’hésitent pas à mourir sur la pelouse du stade si c’est nécessaire.

Pour la première fois depuis Willy Sagnol, on a un arrière droit qui est en train de mettre tout le monde d’accord. Certes, il a le physique d’un élève de 4e qui se fait bizuter à la récré mais il défend bien et montre des choses intéressantes en attaque. Comme tous les puceaux, il a encore un peu de mal à prendre des risques et tenter des choses, mais ça viendra rapidement.

Il y a toujours des matchs chiants et affreusement stressants dans une compétition. On ne va pas sous-estimer les Bleus dans ce domaine mais a priori ça va être difficile de faire pire que celui-là. 

Toujours un plaisir de voir Giroud fermer des bouches. Là, on est parti pour au moins 5 jours de tranquillité sur le sujet.

Quand on regardera une rediff’ des Yeux dans les Bleus 3 dans 20 ans (oui, un 2 avait été fait en 2002, mais il n’avait étrangement pas eu le même succès) et qu’on repensera à cette première victoire laborieuse, on prendra ça beaucoup plus légèrement.

Bixente Lizarazu n’a pas profité de ce match contre l’Australie pour rappeler à la Terre entière à quel point il était bon en surf.

Les futurs adversaires de la France devraient être au courant qu’ils ont le droit de ne pas tous être dans leurs 30 mètres en phases défensives, ce qui devrait laisser plus d’espaces pour que les ailiers fassent la différence devant. Manque de bol, à ce moment là, DD aura décidé de mettre Giroud seul en pointe, et la France fera un tir cadré dans le match, sur un contre d’un défenseur.

 

Didier Deschamps : portrait officiel, Gustave Courbet, 1866

 

Les points négatifs :

Premier match de la compétition après deux ans de qualification et trois matchs de préparation, on est censé arriver fin prêts à en découdre et avec un minimum de certitudes… mais on tente un nouveau système qui n’a même pas la décence de marcher. Même la conquête européenne du PSG stagne moins.

À chaque match, Dembélé se Martialise un peu plus.

Entre le match de Umtiti, de Tolisso et l’entrée brouillonne de Fékir, les Lyonnais devraient nous foutre la paix cette semaine. Avant de réclamer Aouar en Équipe de France d’ici 15 jours. Ou pire, Génésio. N’oubliez pas qu’ils sont vraiment prêts à tout pour s’en débarrasser.

Le Pérou a perdu son premier match et les joueurs vont jouer la prochaine rencontre avec la crainte de devoir rentrer au pays à la nage.

Thierry Roland est mort il y a six ans jour pour jour et affronter l’Australie n’était pas le plus facile pour trouver une petite réflexion raciste qui lui rende hommage.

On va se taper l’Argentine en huitièmes et Messi va jouer sa vie pour rattraper Ronaldo dans la course au Ballon d’Or.

Vous avez regardé Espagne-Portugal la veille ?

 

Le saviez-vous :

Margot Robbie est australienne. Ce qui mérite a minima une qualification directe en demi-finale pour ce merveilleux pays à qui l’humanité doit tant.

 

Et en plus, elle est drôle.

 

Ce qu’il faut en retenir :

L’important c’est les trois points.

 

Si vous avez aimé, vous aimerez :

  • La Ligue 2 Domino’s Pizza
  • Les trucs longs et un peu laborieux (comme ce texte)
  • Les coups de soleil de Pavard
  • Gagner la Coupe du monde d’une manière aussi dégueulasse que le Portugal a gagné l’Euro
  • Faire un roadtrip en Australie lors d’une année de césure avec votre école de commerce et revenir en disant que maintenant vous êtes un citoyen du monde

 

Quand tu entends quelqu’un dire « Gneugneugneu des millionnaires qui courent derrière un ballon gneugneugneu »

 

Merci à Antoine, Greub, Paul et Riwan pour le coup de main.

The following two tabs change content below.

Bastien

Only Ovale Masqué can judge me.

5 réflexions au sujet de « Retour sur France-Australie (2-1) »

  1. Merci Bastien. Ce compte-rendu est bien plus sympa à lire que se taper l’intégralité du match pour comprendre de quoi parlent les gens en ce moment.

  2. J’ai rien compris, je ne reconnais aucun des joueurs, ça ne parle pas du carton rouge de Fall et enfin il y a une grosse erreur, ce n’était pas l’Australie, c’était les All Blacks. Fais un peu attention quand même!

Laisser un commentaire