Retour sur France-Pérou (1-0)

Le contexte :

Après une première victoire aussi poussive et laborieuse qu’une vanne de Florian Gazan, les Bleus abordaient leur deuxième match de ce mondial avec trois points et autant de certitudes que Socrate après avoir perdu à « Questions pour un Champion online » (ceci est une vanne sponsorisée par le Bac de Philo 2018).

L’enjeu de la rencontre n’était cependant pas négligeable puisqu’une deuxième victoire, combinée au match nul entre le Danemark et l’Australie juste avant, pouvait assurer une place en huitième de finale pour l’équipe de Didier Deschamps. Mais avant de penser à la qualif’, encore fallait-il battre les fiers et courageux péruviens. Un adversaire dont on savait finalement peu de chose avant la rencontre puisque la dernière fois qu’on a eu affaire à un Péruvien, c’était en 1982 (ou en 2000 devant Kuzco à la limite).

Coachés par un David Carradine décidément pas en forme depuis sa mort en 2009, les joueurs du Pérou avaient cependant montré, lors de la phase de qualification et du premier match, un état d’esprit conquérant et une belle justesse technique. De quoi se méfier de cette équipe, comme de toutes les équipes sud-américaines d’ailleurs, puisqu’elles ont en commun des joueurs qui semblent tout droit sortis d’une bande de latinos énervés dans GTA et qu’à tout moment, elles peuvent te mordre le mollet pendant 90 minutes, jusqu’à ce que le coup de sifflet final retentisse sur un 0-0 qui sonne presque comme un soulagement.

 

La compo :

Pour ce deuxième match, l’ami Didier, probablement satisfait d’avoir montré à tout le monde lors du dernier match qu’il avait raison DEPUIS LE DÉBUT, a décidé de procéder à deux changements avec le retour de ses deux joueurs talismans : Olivier Giroud et Blaise Matuidi.

 

 

Le film du match :

À 17h, le coup d’envoi est donné à Iekaterinbourg (vous savez ce stade dont on a beaucoup entendu parler à cause de sa tribune perpendiculaire qui inspire autant confiance qu’un manège forain de la Foire du Trône). D’entrée, les Péruviens maintiennent les Français dans leur camp. Guerrero tente même un lob du milieu de terrain histoire de montrer qu’il n’a vraiment aucun respect pour Hugo Lloris, mais sa tentative passe assez nettement au-dessus. Une tentative pas idiote cependant, puisque vu les performances des gardiens depuis le début de la compétition, il n’est pas complètement exclu que d’ici quelques matches, certaines frappes non cadrées finissent quand même au fond des filets.

Après ce début poussif, on craint donc que les Bleus jouent à l’envers et la peur au ventre comme ils l’ont parfois fait lors de matchs à enjeux, mais finalement, après 10 minutes un peu timides, ils remettent le pied sur le ballon et gagnent la plupart de leurs duels.

Seul en pointe avec trois adversaires sur le dos, Olivier Giroud excelle dans son rôle de pivot qu’on aurait croisé avec un videur de boite de nuit. En effet, il impose son physique avec autorité et même les ballons tout pourris semblent soudainement bien plus propres quand ils passent près de lui. C’est d’ailleurs à la suite d’une de ses actions que Grizou va bénéficier d’un contre favorable et décocher la première frappe du match. Malheureusement on est pas sur FIFA et, sur son mauvais pied, l’attaquant de l’Atlético ne réussit pas à trouver le cadre.

Dans la foulée, c’est Pogba qui tente sa chance de loin, puis Varane qui croise trop sa tête sur un corner. Un troisième frisson viendra à nouveau de Giroud, qui combine bien avec Mbappé. Le parisien s’écroule dans la surface mais l’arbitre fait signe de continuer à jouer. À ce moment très précis, la liste des choses les plus réclamées par les supporters de l’équipe de France est la suivante :

1/ Zizou entraîneur

2/ Zizou joueur

3) Zizou Président

4) La VAR pour revoir l’action

2374) L’avis de Pierre Ménès

 

Au rugby ça siffle pas. 

 

Après une nouvelle balle en profondeur, Giroud, qui dévie décidément encore plus de trucs qu’un salarié de la DDE sur les autoroutes Parisiennes au mois de juillet, remise sur Griezmann dont la frappe est bien stoppée par Gallese.

Après ce gros temps fort français, le rythme redescend un peu. Seule action digne d’intérêt dans les minutes qui suivent : une embrouille entre Umtiti et Guerrero. Bon, après ça reste du foot donc rien de bien méchant, mais il est de toute façon plus sage pour Umtiti de ne pas trop chercher la merde avec un mec qui a la gueule d’un figurant de Narcos et plus de graffitis sur le corps qu’une porte de chiotte dans un bar underground du 11ème.

La délivrance vient un peu après la demi-heure de jeu. Après une récupération autoritaire à 25 mètres du but adverse, Pogba  lance Giroud dans la surface. Le joueur de Chelsea frappe en force et le gardien péruvien ne peut que dévier la balle qui se dirige lentement vers les filets. Mbappé, qui trainait dans le coin, la pousse au fond au cas où, et permet aux Français de respirer un peu (et plus particulièrement les fans de Benzema qui suaient d’avance à l’idée de voir Giroud ouvrir le score). 

Mais à 1-0 évidemment, rien n’est fait, et quand on repense au match contre l’Australie, on angoisse un peu de voir comment les Bleus vont gérer la fin de mi-temps. Et là aussi, on est plutôt agréablement surpris. Toujours solides et peu inquiétés, les français se procurent même deux occasions : d’abord une belle contre-attaque annihilée par Gallese dans les pieds de Giroud, puis un face à face mal négocié par Hernandez après une belle combinaison (au cas où on aurait oublié que le joueur de l’Atlético était défenseur central de formation).

La mi-temps est donc sifflée et les joueurs repartent au vestiaire alors que Bixente Lizarazu et Grégoire Margotton rivalisent de compliments sur untel ou untel, finissant toujours par dire « Mais aujourd’hui ce sont tous les Français qui sont bons ! ». Sans jouer le rabat-joie, ils sont quand même à deux doigts de nous expliquer que la performance de Thauvin sur le banc a contribué au premier but français et que sans N’Golo Kanté, les États-Unis auraient déjà bombardés la Corée du Nord (cela dit, ça c’est possible par contre).

 

Être un adulte, c’est aussi être capable de se retenir de faire une blague sur le caca en voyant cette photo

 

À la reprise, les Français remettent le pied sur le ballon. Ils occupent le terrain et obtiennent plusieurs coup-francs et corners sans toutefois se montrer dangereux, ce qui permet aux Marseillais de larmoyer un peu et expliquer qu’avec Payet, on serait déjà en demi-finale. Seule petite alerte, Samuel Umtiti prend une béquille sur un duel aérien. Le défenseur du Barça boitille quelques minutes, ce qui est handicapant mais lui évitera au moins de sauter trop haut pour faire un dunk dans sa propre surface.

Puis, plus les minutes défilent, plus les français reculent. Incapables de ressortir proprement de leur camp, les Bleus laissent la possession aux Péruviens. Et si ces derniers sont aussi dangereux que l’attaque trempette d’un Magicarpe, on ne peut s’empêcher de serrer les fesses, craignant une simple erreur qui pourrait mener à un but et une égalisation. Les rentrées successives de Dembélé, Fékir puis N’Zonzi ne changent pas grand-chose. Les Bleus souffrent, mais restent solidaires et réussissent à tenir jusqu’au coup de sifflet final sans grosses frayeurs, mais sans être capables de tuer le match non plus.

Voilà. J’aimerais bien vous raconter des actions de buts, des occasions, des rebondissements improbables (une frappe cadrée de Matuidi, une phrase intéressante de Fred Callenge ou la mise en place d’une nouvelle technologie inutile par la FIFA) mais la réalité c’est que cette deuxième période est chiante et vide comme le Vlog d’une blogueuse mode. Du coup je suis un peu emmerdé parce que mon descriptif de la deuxième période fait deux paragraphes et pourrait donner l’impression que je l’ai bâclé. Je vous prie donc de croire que je n’y suis pour rien. La preuve, le truc le plus étonnant dans cette fin de match, c’est la diffusion de Magic System après le coup de sifflet final.

 

Les points positifs :

On est qualifiés pour les huitièmes. Rien de bien glorieux dans les faits mais bon, à chaque début de compétition, quelle que soit la poule ou l’effectif, on a toujours un doute sur notre capacité à passer le premier tour. Un peu comme cet élève brillant qui a peur de rater son brevet alors qu’il l’a déjà grâce au contrôle continu. Sauf que la France a montré par le passé que même dans des circonstances similaires, elle était capable de le rater.

Olivier Giroud est tellement important dans cette équipe s’il claquait une quenelle pour célébrer son prochain but, Manuel Valls continuerait quand même à le trouver très bon.

Pogba va pouvoir regarder sa première période tous les soirs de la semaine avant de s’endormir.

Encore un gros match de Lucas Hernandez. Rien de tel que le fils spirituel d’un sud-américain pour contenir un autre sud-américain.

Didier Deschamps ne va pas faire tourner contre le Danemark, on va gagner 3-0 puis perdre en huitièmes car on sera complètement cramés.

Il parait que les groupes de champions se construisent dans la douleur et la difficulté. Autant vous dire qu’après ces deux premiers matchs, on est bien parti pour être champions du monde, gagner le Tour de France dans la foulée, remporter la Route du Rhum puis les championnats d’Europe de handball féminin. 

 

Quand tu viens de battre ton propre record du monde de fermages de gueules

 

Les points négatifs :

Pavard est propre défensivement, mais en attaque, il est moins créatif qu’un comptable du ministère du Budget. C’est un peu triste mais au moins c’est rassurant et raccord avec son physique.

On a bien compris que Griezmann voulait rester à l’Atlético. Mais il est au courant que ça ne l’empêche pas de venir en Russie aussi ?

Matuidi, c’est un peu comme ce mec très sympa mais un peu moche. Si tu demandes à une fille comment elle le trouve, elle va te répondre « Il est gentil ». Ben là footballistiquement, c’est pareil : il est gentil. Franchement, quitte à titulariser un triathlète aux pieds carrés côté gauche, autant rappeler Sissoko.    

Didier Deschamps va faire tourner contre le Danemark, on va perdre, tout le monde va nous condamner avant les huitièmes, les joueurs vont être super vexés, mettre 5 buts à la Croatie et Modric va signer à l’OM pour être sûr de ne plus jamais affronter Adil Rami.

Les remplaçants ont gagné 11-0 contre les U19 du Spartak le lendemain. Triplés de Thauvin et Dembélé. Doublés de Fekir et de Lemar. Plus un but de Mendy. C’est con qu’il n’ait pas été diffusé, c’était probablement le meilleur match des Bleus depuis 3 ans.

Un nouveau match sans but pour Karim Benzema cette saison.

 

Le saviez-vous :

Après Griezmann au premier match, c’est Mbappé qui a été élu homme du match. La preuve qu’au foot comme dans beaucoup de sports, il n’y en a que pour celui qui marque. Si Dieu existe, Kanté mettra un doublé en finale.

 

Ce qu’il faut en retenir :

Si vous en avez déjà plein le cul de la coupe du Monde de foot, vous en avez encore pour au moins une semaine. Courage.

 

Si vous avez aimé, vous aimerez :

Tous les matchs de foot. Parce que si vous avez aimé celui-là, vous les aimerez tous, ça ne fait aucun doute.

 

Blaise Matuidi, ce génie qui porte la feinte du regard encore un niveau au dessus

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Bastien

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3 réflexions au sujet de « Retour sur France-Pérou (1-0) »

  1. C’est super bien, c’est ton deuxième en moins d’une semaine, t’es fatigué, mais quand même, un peu de RESPECT pour la syntaxe! Ainsi, dans la phrase suivante « Pogba à 25 mètres du but adverse, ce dernier lance Giroud dans la surface », le lecteur ne peut que comprendre que c’est le but adverse qui lance Giroud. Bisous

    1. C’est complètement vrai. Mea culpa. Tout ça c’est la faute des cadences infernales de publication que m’impose Ovale Masqué de toute façon.

  2. Rien sur le drop de Giroud à la fin du match ? Le mec prend les 3 points et tout le monde râle dans le bar. Bon, j’ai pas vu la phase de jeu, j’étais aux gogues, mais quand-même, Parisse, l’aurait raté, lui (mais comme l’Italie est pas qualifiée…).

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