Faire une Cyclosportive

Citation :

« Jalabert est devant, le visage grimaçant, personne ne peut le rattraper !»
« Jalabert est derrière, malade et en colère, ses jambes refusent de pédaler ! »

Notation :

Paysages +++
Défi sportif +++
Fatigue +++
Crampes ++++
Tu serais pas un peu con ? ++++++++++++++++++++++++++++++

 

Qu’est-ce qu’une cyclosportive ?

 

Une route qui grimpe, si possible passant par des cols mythiques (c’est à dire où passe le Tour de France), et des centaines voire des milliers de cyclistes du dimanche qui se lancent à l’assaut du parcours, histoire de se prendre pour Hinault, Poulidor, Fignon, Virenque, Amstrong, Voeckler, Froome, Pinot ou Offredo (en fonction de sa génération, de son appétit de gloire et de sa tolérance aux substances illicites).
Souvent l’organisation, pour s’adapter à un public des plus larges propose plusieurs boucles d’une cinquantaine à 150 voire 200 kms. Normalement vous choisissez celle qui correspond à vos capacités + 20 kms.
« Pour le défi ».
Abruti.

Un exemple de col « pour le défi ».

Les points forts :

  • Rouler dans des coins magnifiques, le plus souvent sur une route fermée aux voitures, entouré de dizaines de vélos.
  • Le parcours est fléché, on vous indique les kilomètres restants d’ascension, impossible de se paumer, ni de devoir regarder 15 fois votre GPS pour être sûr d’avoir bien pris la bonne route.
  • Les gens vous encouragent sur le bord de la route comme si vous étiez un coureur pro. Les mêmes vous doubleront en vous frôlant le week-end suivant à bord de leur 4×4.
  • Des points relais pour vous dépanner en cas de pépin là où en sortie normale, vous devez choisir entre rentrer à pied en portant votre vélo et appeler votre femme pour qu’elle vienne vous chercher.
  • La solidarité réelle entre coureurs qui vous proposeront une barre en cas de fringale, un bidon, un démonte pneu, ou d’appeler les pompiers dans les cas les plus critiques.
  • Vous avez un joli dossard souvenir, un diplôme avec votre temps final, et deux-trois goodies.
  • Passer la ligne d’arrivée en sprintant comme un con afin de fumer le petit papy que vous avez été capable de suivre, le tout pour passer de la 365è à la 364 è place (sur 370).
  • Les ravitos. De quoi faire le plein d’eau, de barres, de pâtes de fruits, de bananes et de gels « qui boostent les performances, mais t’inquiète c’est pas du dopage ».

 

Sachez rester respectueux et mesuré dans vos célébrations de victoire.

Les points faibles :

Mais pourquoi j’ai pas pris le parcours plus court ?

  • Les produits locaux lors des ravitos, excellents en goût, mais moyennement en accord avec la nutrition idéale d’un sportif lors d’un effort intense. Clairement je l’ai payé cher ce sandwich à la fourme d’Ambert.
  • La majorité des cyclistes sont plus forts que vous. Pas bon pour le moral de se faire lâcher en sifflotant alors que vous êtes dans le rouge.
  • La dernière petite bosse qui semblait inoffensive sur le profil du parcours fourni par l’organisateur et bien après les deux gros cols et 100 kms, elle va vous tuer.
  • Les 30 derniers kilomètres. Ceux pendant lesquels vous vous direz « mais pourquoi j’ai pas pris le parcours plus court ? »
  • Le panneau « Arrivée 50 km » alors que vous êtes au bout de votre vie dans le pire des cols du parcours.

 

Grâce à une cyclo, ressentez les même sensations qu’un sportif pro. Par exemple celles de Pinot qui abandonne à bout de force.

Le saviez-vous ?

Pendant que vous galérez pour passer le premier col, une dizaine de types en terminent et se tirent le bourre pour remporter ce qui est une course. Dites vous que vous faites cela pour la beauté du sport et que vous n’avez pas été pourri par l’esprit de compétition, vous.

Beaucoup de concurrents sont assez âgés voir retraités. En effet quel autre sport permet de rester en forme à un âge avancé sans se mettre en danger, le tout en donnant un prétexte pour passer 5 heures dehors peinard sans « maman ». (« Maman » qui soit dit en passant apprécie également qu’on lui foute la paix après 40 ans de mariage)

Vous pensiez avoir un beau vélo parce que vous avez claqué votre PEL dans un cadre en carbone avec un groupe « 105 » (le « 105 » c’est important avait dit le vendeur) ? Détrompez-vous, vous n’êtes qu’un gueux. Vous allez légèrement baver devant les machines dignes des équipes pros de certains concurrents, parfaitement entretenues, les guidons futuristes, les géométries parfaites, le plateau ovale comme Krisfroume, le moteur dans le cadre comme Krisfroume. Rassurez-vous, si vous les croisez et arrivez à les suivre, c’est qu’ils compensent par du matériel hors de prix leurs jambes faiblardes.

 

Un matériel de pointe est la clé du succès.

Les conditions idéales :

Avec une météo clémente.
Avec un col mythique au programme. Quitte à crever sur le vélo, autant que ça claque.
Avec des copains de votre niveau. Toujours sympa de relever le défi ensemble. Et puis de pouvoir prendre quelques relais dans les quelques portions de plat.

 

Les conditions non-recommandées :

Par un temps « frais pour la saison ». Le parcours vous fait souvent passer en altitude. Le brouillard et la neige pour la descente, alors que vous êtes en cuissard court car il fait 25° dans la vallée, vous allez les sentir passer.

Avec un patin de frein mal centré qui frotte continuellement sur une jante. Dans l’idéal vous vous en rendez compte après 80 bornes.

En croyant que vous avez un patin de frein qui frotte sur la jante. Après inspection, le patin de frein est nickel. C’est juste vous qui êtes hors de forme.

Avoir un incident mécanique. Du plus banal et facilement réparé au plus grave citons : le saut de chaîne, la crevaison, la roue voilée, le pédalier qui grince, le dérailleur déréglé, la cale de godasse qui se dévisse, votre vélo qui casse. Il va falloir vous démerder pour régler le problème, ne comptez pas prendre le vélo d’un coéquipier ou appeler votre voiture suiveuse comme vous avez vu à la télé.

 

 

Incident mécanique à l’arrière !
Nicolas Geay sur la moto ?

 

Ce qu’il faut en retenir :

Un défi débile dans ce sport de cons

Normalement l’être humain apprend au contact de son environnement, on appelle ça le retour d’expérience. Ça marche aussi pour les chiens que l’on peut ainsi dresser en leur donnant une récompense pour une action positive.
Le cycliste non. Malgré le fait qu’il se soit répété 20 fois sur son vélo que plus jamais il ne referait « un défi débile dans ce sport de cons », normalement le mercredi suivant, quand les courbatures auront disparu, il commencera à regarder pour la prochaine Cyclo dans sa région. Le cycliste est donc plus stupide qu’un chien.

 

Si vous avez aimé faire un cyclo vous aimerez :

  • Faire une autre cyclo.
  • Vous entraîner pendant l’hiver dans le froid et la pluie en vous disant « c’est pour être en forme pour la cyclo ».
  • Le bond de vos statistiques Strava et la jolie vidéo Relive si vous êtes un cycliste connecté.
  • Convaincre vos potes crédules de vous accompagner la prochaine fois parce que « non, mais tu verras, avec de l’entraînement ça se fait bien ».
  • L’indifférence polie de vos proches quand vous leur raconterez vos exploits homériques.

 

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Pyody

Fan absolu de la Boucherie Ovalie, mais qui ne suit plus le rugby. Du coup je viens écrire ici pour faire mon intéressant auprès d'Ovale Masqué

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