Faire des compétitions de gymnastique quand on est adulte

 

Si tu rates la barre, y a de grandes chances que tu te viandes sur la tête. Mais fais-toi confiance.

 

Notation :

Saut de cheval : 12,4
Barres asymétriques : 12,025
Poutre : 11,950 (avec une chute)
Sol : 12,850

 

Ce que ça raconte :

Après plus de dix sans activité sportive, l’autrice de cet article décide de reprendre la gymnastique artistique à 30 ans passés. Et comme elle se démerde bien, le coach lui propose de faire des compétitions.

 

Les points forts :

  • On se fait des nouvelles copines pour la vie. Rien de mieux que de parler de son périnée défaillant à la réception du salto avant ou d’épilation du maillot pour créer des liens.
  • C’est bon pour la santé.
  • Les acrobaties. La perspective de t’exploser une cheville si tu foires ta réception est bien plus efficace en termes de montée d’adrénaline qu’un tour de Space Mountain.
  • Quand le/la coach se met à gueuler sur toi, ce qui arrive souvent dans un gymnase, plutôt que de rien dire et baisser la tête, tu peux lui demander : « mais qu’est-ce qui se passe ? T’es stressé(e) en ce moment ? Tu as des problèmes dans ta vie ? Tu veux en parler ? » – normalement il/elle arrête illico de crier.
  • C’est classe de pouvoir caser au détour d’une conversation : « Ouais, chuis championne de Paris en fédéral A » alors qu’il n’y avait que trois équipes à la compétition.
  • Les médailles.
  • Quand on te dit « t’es pas un peu trop vieille pour… » et que c’est une excuse pour parler d’Oksana Chusovitina qui, à 44 ans, va participer à ses 8èmes Jeux Olympiques.
  • Se la péter face aux crossfiteurs parce que « oui je sais faire 5 tractions et 50 abdos, et je le fais en tendant mes pointes de pieds ». Même si tu as pleuré à la fin de la série.
  • Le trampoline c’est troooop cooooool.
  • Se faire payer des verres par les barmen en faisant des grands écarts sur les bars (true story).

 

Les points faibles :

  • C’est déjà pas évident de faire des acrobaties sur une poutre, mais imaginez avec un machin à paillettes et strass qui vous rentre dans le cul et qui ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination…
  • Les gens qui demandent si on a des pratiques sexuelles alternatives parce qu’on a des cloques sur les mains à cause des barres asymétriques.
  • Les gens qui demandent si on est une femme battue parce qu’on a des bleus partout vu qu’on se ramasse souvent.
  • Quand on te demande à l’entrée du gymnase : « vous venez pour voir votre fille ? ». Et que tu réalises que tes adversaires ont la moitié de ton âge parce que tu es dans la catégorie « 14 ans et plus ».
  • Même si, étant adulte, on est normalement à l’abri des pédophiles, il y a malheureusement encore beaucoup de cas d’agressions sexuelles dans le sport et la gymnastique n’est pas épargnée.
  • Quand ton corps est en permanence courbaturé parce que la gym c’est 40% musculation, 40% technique, 10% souplesse, 10% courage et 10% fesses serrées.
  • Y a pas de bière à la buvette.
  • Quand ton copain vient te voir à la compétition, et que quelqu’un fait : « c’est qui le type bizarre avec une grosse barbe qui reluque les gamines ? »

 

Quand tu essaies d’intimider des gamines de 15 ans à l’échauffement pour qu’elles craquent psychologiquement.

Le saviez-vous ?

  • Les gymnastes se mettent de la colle à bas de contention sur le cul pour que le justaucorps ne rentre pas dans les fesses. Et ça s’appelle du Satien.
  • Il est interdit de remettre le justaucorps en place même s’il est en mode « full string », sous peine de perdre 0,10 points.
  • Le code de pointage de la Fédération Internationale de Gymnastique précise qu’on a le droit d’avoir un collant de couleur sous ou sur le justaucorps, mais personne n’en a jamais mis. L’autrice de ce texte l’envisage fortement.
  • Le terme technique pour la cloque sur la main, c’est le steak. Il existe en deux versions : saignant et non saignant.
  • Si l’autrice de cet article était un homme et faisait du foot, avec le niveau qu’elle a, elle gagnerait dans les 1000€ par mois grâce à son sport. Mais elle est une gymnaste et tout ce qu’elle gagne c’est de la confiance en elle quand elle réussit son flip sur la poutre.

 

Et bon appétit bien sûr !

 

Ce qu’il faut retenir de la pratique de la gymnastique en compétition :

Étonamment, le mic drop à la fin de son mouvement de sol à la manière de Simone Biles marche vachement moins bien un dimanche, à 8h du mat, dans un gymnase à moitié vide du fin fond du 77.

 

Les conditions idéales pour la pratique de la gymnastique en compétition :

En s’entraînant. Beaucoup. Parce que, même si tu sais très bien que tu n’arriveras jamais au niveau de la star du club qui a 12 ans et qui passe 15 heures par semaine au gymnase, tu es en permanence à la recherche de la perfection.

 

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La gym, c’est avant-tout une question de confiance. De confiance en l’élastique de son justaucorps.

 

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Pêche

Pêche

Trébuchets et paillettes.

23 réflexions au sujet de « Faire des compétitions de gymnastique quand on est adulte »

  1. Que du bonheur de lire cet article!!! Quel enthousiasme et que de vérités !!!
    Pour celles qui ne sont plus motivées par la poutre, il reste la team gym, à tout âge : du trampo, du tumbling et une chorégraphie au sol.
    Et le legging est autorisé en compétition…

  2. Et ya moi qui ose pas reprendre à 24 ans car les plus vieilles du gros loisirs ont 16 ans….
    La gac j’aurai repris sans problème mais pas de club ici et gaf moyenne d’âge bien plus basse que le mien

    1. Arf c’est vrai que c’est pas marrant quand les filles avec qui tu t’entraînes sont beaucoup plus jeune – j’ai la chance à Paris d’avoir des créneaux avec des horaires adaptés à une vie active et, du coup, un groupe dont la moyenne d’âge tourne autour de 26 ans. J’espère que tu finiras par trouver un club !

      1. Super article ! ça fait plus de 10 ans que j’ai arrêté la gym, j’avais déjà pensé à reprendre mais être dans une équipe d’adolescent ne me motivait pas trop.
        Quel est le nom de ton club sur Paris ?

        1. C’est Gym Paris 15 – on s’entraîne le mardi et le jeudi de 20h à 22h au Gymnase Falguière dans le 15ème pas loin de Montparnasse (enfin on s’entraînait, là évidemment tout est fermé). Quand la vie reprendras, viens tester un cours ! 🙂
          https://www.gymparis15.fr/

  3. Merci pour cet article ! Je me rétrouve à 100%. Vive la gym adulte même si c est en plus de 10ans contre des loulouttes qui ont l age d être ta fille 🤣.
    Cette adrénaline de la compétition ne se retrouve pas ailleurs et c est ça qui est top.

  4. Je crois que c’est un signe, normalement je reprends demain à mes 35 printemps 🙂 Et les compets avec les gamines de la moitié de mon age, je connais et je kiffe surtout quand je suis sur le podium en pensant que ca pourrait presque etre ma fille ahaha

  5. Nous on a monté une équipe Compet adulte dans notre club. L’équipe des mamans ils nous appellent. On a presque toutes plus de 40 ans et des enfants, qui sont dans les gradins et qui crient allez mamaaaaaaaaannnnnn quand on envoie nos accro sur la diagonale du praticable, au moment où la musique s’emballe. Tout ce qui est écrit dans cette article est si authentiquement vrai! On a vécu la même chose (sauf le coach qui hurle le notre il est top sympa). Les gamines qui te toisent avant d’entrer sur le praticable, le justo, les juges qui s’en Croient pas leur yeux, les remarques du genre « ah vous avez sorti la vieille réserve », les entraînements intensifiés pour le passer correctement ce chkreugneugneu de salto avant, et surtout, surtout, les énièmes moment avec les copines!!! Le justo qui rente dans les fesses et le périné qui lâche, ça rapproche!

    1. Trop cool et bravo, j’espère que je continuerai aussi après 40 ans 🙂
      Pour le coach qui crie, c’était une généralité, en vrai le nôtre nous fait bosser dur mais il est sympa aussi.

  6. Je m’y retrouve, même si je suis un homme ! 47 ans et dans les gradins mes filles crient allez papa !!! ça surprend souvent 🙂 Je m’éclate bien, au sens propre comme au sens figuré. Je n’ai jamais subi de harcèlement de la part des mamans des gyms, je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en plaindre 🙂
    Merci pour cet article très réaliste ! Allez, de l’engagement, du gainage, un brin d’inconscience et tout devrait bien se passer.

  7. Merci de cet article qui me rassure sur le fait que je ne suis pas la seule « suicidaire » à se remettre à la compétition après 30 ans!!
    Perso 38 ans et demi, j’ai repris l’an dernier et je suis en Nationale 12 ans et plus cette année ….
    Autre avantage : tu es autonome pour te rendre au lieu de compétition et pour t’acheter un truc à la buvette après!
    Inconvénient : la négociation avec ton homme qui doit gérer les stroumpfs/devoirs/ douches etc pendant que tu vas à l’entraînement (et qui du coup n’aime pas trop ça …)
    Et en compétition on me demande souvent si je suis l’entraîneur ….

    Bref merci pour toutes les « vieilles/vieux » gymnastes !!!
    Au plaisir de se croiser sur les plateaux de compétition !!

  8. Merci ! J’adhére à toutes ces remarques vécues (sauf l’agression sexuelle : y’a largement mieux que moi en compét !)
    Perso j’ai pas repris la gym car 1) j’étais pas trés bonne 2) j’ar pris (un peu !!!) de poids et donc la réception sur les poignets ça me fart trèèès mal
    MAIS j’ai découvert le trampoline. Et c’est top ! Normalement, je ne retombe que sur mes pieds ou le dos (j’ai bien dit normalement 😁) Je suis à 40 ans dans la catégorie « plus de 16 ans » : je trouve ça trop drole !

  9. Merci pour ton article. On est toutes un groupe de trentenaires à EAP et on se retrouve totalement dans ton article !! Et à quand les compétitions féminines adultes ?? 😀 un peu marre de matcher contre des ados lol

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