Les vacances en Espagne : une étude de cas

Les vacances c’est super, génial, trop top, inouï, trop beau, groovy, trop frais, cheesy, classieux, stylé, ok, funky, trop drôle, samedi, trop cool, extra, sympa, puissant, dément, piscine, villa, champagne, taxi, hi-fi, dolby, botox, glamour, sexy, crazy. Pour certains.

Déjà, il faut pouvoir y aller. Divers contretemps peuvent avoir raison de la meilleure volonté et vous empêcher de partir : argent, temps, location, enfants, chiens, parents à placer en EHPAD, décès, décès d’enfants, décès de chiens, décès de parents placés en EHPAD…

Pour ma part ce fut toujours la flemme. L’horreur et l’incapacité totale de manifester ne serait-ce qu’une feinte d’intérêt pour la préparation de la valise. De nombreux départs furent ainsi avortés. Ajoutez à cela un caractère plutôt antipathique et vous obtenez l’équation parfaite qui a pour résultat mon superbe bronzage diaphane.

Mais, cette année, j’ai décidé de partir.
D’abord pour essayer de vaincre la dépression (spoiler : ça ne marche pas.).
D’autre part, parce que ma chienne n’a jamais vu la mer. Et étant donné qu’elle n’a pas l’espérance de vie de Michel Drucker, j’ai mis un short et direction l’Espagne.

 

Espagne : la gente esta muy loca

 

Fraîchement arrivé, joie et exaltation à l’approche de la mer. Résultat : médiocre. Ma chienne a passé une semaine à aboyer sur la mer. Car elle faisait trop de bruit. Bougeait trop. Et la mouillait trop.
Qu’à cela ne tienne. Je vais alors pouvoir m’adonner à mon activité préférée derrière mes fausses lunettes Ray-Ban : juger.

Les frontaliers

 

Quoi de plus naturel que de commencer cette étude de cas par nos frontaliers. Principaux responsables des bouchons au péage et squatteurs des parkings, on les reconnait facilement grâce à leur sens des affaires. En effet, bien plus futés que nous autres, ils profitent de taxes plus lâches pour faire leurs courses et leurs pleins d’essence en contrée étrangère.

Voyageant ainsi toute l’année ils n’ont aucun souci à démontrer leur côté bilingue, comprenant parfaitement les inscriptions en langue ibérique sur les denrées vendues dans les énormes supermarchés espagnols.

NB : Vous pouvez aussi les reconnaitre au port de tongs et de débardeurs laissant apercevoir leurs tatouages. Aussi, généralement, leur ventre déborde du t-shirt à l’instar des bouteilles et jambons de leurs caddies.

Les All-inclusive

 

Les plus téméraires viennent en bus. Et chantent sûrement dans le bus. Bracelet au poignet, les vacances ne sont pas faites pour rigoler, mais pour picoler.

Généralement jeune, l’espèce mâle présente souvent des cheveux décolorés sur le haut du crâne et porte un débardeur « Ibiza » les jours de tenue correcte exigée. L’espèce femelle est quant à elle coiffée d’une queue de cheval ou d’un chignon pour éviter tout contact avec la mer, ou par facilité lors de lendemains de soirées difficiles et se vêtit d’un haut de maillot de bain (changeant souvent afin de ne pas laisser la marque des bretelles) ou d’un paréo.

NB : Le short à fleurs est commun aux deux espèces.

Les familiaux

 

Plus on est de fous, plus on paye cher. Et ça, les joyeux parents de tribus d’enfants adorables l’ont bien compris. A l’image des frontaliers, il va falloir alors ruser pour ne pas dépasser le budget. La solution de l’appartement de location est une astuce pratique. A part le fait de devoir emmener ses casseroles. Et ses couettes. Et ses coussins. Et sa lessive. Et ses enfants.

Le plus dur est de déterminer a posteriori quelle colère sera la plus saine : celle après les gamins sur la plage ou celle de la surprise lors de l’arrivée où il faut régler la caution en espèces ce qui ampute largement le budget déjà bouffé par les péages ?

NB : Certains parents laissant brûler leurs enfants au soleil ne sont pas forcément irresponsables, mais peut-être tout simplement au bout du rouleau à la recherche d’une solution.

Les amoureux

 

Aaaahhh les bisous au soleil sur la plage. Sea, sex and sun. Lunettes assorties, trottinette en couple, repas en tête à tête chaque soir sur la jetée.  Farniente et caliente. Bref, la vie. Tous les petits détails qui font de ces instants un régal : Monsieur qui mate sous ses lunettes de soleil, Monsieur qui profite d’étaler la crème dans le dos de Madame pour mater, Monsieur qui mate des photos Facebook, Instagram ou autres pendant que Madame lit.

NB : Il n’est pas rare de croiser un Monsieur tentant l’aventure nudiste car « Mamour, c’est bon c’est rien, c’est pour rigoler. Si on ne le fait pas maintenant on ne le fera jamais. »

Les potes

 

Chez le clan mâle on retrouvera pour ce genre des groupes de trois ou quatre, très bruyants. Ils jouent au foot, se coulent dans l’eau et font des saltos dans le sable.

Leurs petites courses dispersent du sable sur les serviettes des clans femelles beaucoup plus calmes qui prennent des bains jusqu’aux hanches seulement.

NB : Il n’est pas rare de voir éclater les groupes quelque temps après les vacances.

Les étrangers

 

Il s’agit là du genre le plus cliché. C’est là que l’on retrouve les fondements de l’Humanité et l’essence de l’être humain. Les Hollandais et leur glacière et/ou kayak. Les Français bougons. Les Anglais rougis par le soleil. Les Allemands et leur caravane… Aucune amélioration ou effort chaque année.

NB : Cet article a été écrit par un étranger, se délectant de jambon et de rosé pas cher sur le balcon miteux de son appartement de location, matant quelques filles passant en contrebas pendant que Madame était à la douche.

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Paul

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