Ciné Club Sandwich – Shang Chi et la Légende des Dix Anneaux

Un film de Destin Daniel Cretton (2021)

Notation :

Kung Fu : ++

Daddy issues : +++

Dragons issues : ++

Nouveaux Pokemons : +++

Crazy Balèses Asians : +++++++

De quoi ça parle ?

Shaun (Simu Liu) est un trentenaire ado attardé qui vit à San Francisco. Il gagne modestement sa vie comme voiturier et passe son temps libre à prendre des cuites et à faire des soirées karaoké avec sa copine Katy (Awkwafina). Mais ce garçon a priori banal cache un terrible secret : malgré son hygiène de vie douteuse, il a des abdos apparents !

Il faut dire qu’il a de bons gènes, puisque son père est immortel. Mais surtout, à l’instar de Stomy Bugsy, son papa est un gangster ! Xu Wenwu (Tony Leung), un MECHANT gangster chinois, qui a utilisé le pouvoir ancestral d’anneaux sacrés pour fonder un empire criminel. Shaun, malgré l’entraînement d’assassin qu’il a reçu dans son enfance, est lui un GENTIL. Il a donc fugué et quitté la Chine lors de son adolescence, et pensait bien ne plus jamais avoir affaire avec ce père indigne.

Mais alors qu’il mène sa petite vie merdique (la preuve, il prend LE BUS !), Shaun se fait attaquer par des sbires de son paternel, qui a décidé de revenir dans sa vie à la manière d’un nouveau single de Keen’v, de façon aussi inattendue que désagréable. S’en suivra une série d’aventures où Shaun (Shang de son vrai nom, vous l’aviez deviné) partira à la recherche de la sœur qu’il avait abandonnée, puis devra régler ses daddy issues et enfin laisser de côté sa vie de loser pour devenir un héros du MCU UNIVERSE ENTERTAINMENT INC.

“Et donc vous allez être en concurrence en salles avec le film “Les Méchants” de Mouloud Achour…”

Les points forts de Shang-Chi :

– Personne ne connaît Shang-Chi. La découverte de ce personnage et de son origin story est donc plutôt fraîche. Bon au final, c’est encore un mec qui a un problème avec ses parents, qui est trop puissant et qui a un destin incroyable. Mais il est chinois, donc ça change un peu.

– Si le film est réalisé par l’Américain Destin Daniel Cretton, les inspirations et les hommages au cinéma chinois et hongkongais se sentent à l’écran, avec des touches de Wu Xia Pian (mais si vous savez, Tigres et dragons, des gens en robe soulevés par des câbles, tout ça) et des bastons joliment chorégraphiées.

– Contrairement aux faux Russes avec des accents débiles de Black Widow, il y a des vrais Chinois, qui parlent vraiment mandarin, forçant ces pauvres Américains à lire des sous-titres pendant une bonne partie du film.

– Comme toujours, Tony Leung a la classe. Tellement qu’on se retiendra de dire qu’il ressemble de plus en plus à Richard Berry, même sans manger de yaourts. Le rôle de Michelle Yeoh est un peu plus anecdotique, par contre.

– Un humour à peu près bien dosé, en partie dû au personnage d’Awkwafina (pourquoi cette personne possède un nom d’eau gazeuse ? Nous l’ignorons) qui évite avec agilité le syndrome du comic relief trop lourdingue.

– Les liens avec le reste de l’univers Marvel sont ténus, ce qui donne un peu de fraîcheur au truc, on a moins l’impression de voir le 176e épisode d’une série. On notera quand même quelques caméos, dont un qui est assez rigolo et inattendu.

– Pour une fois, les bandes annonces n’en montraient pas trop, notamment sur la dernière partie du film qui est plutôt réjouissante.

#HarcèlementDeForêt

Les points faibles de Shang-Chi :

– Le côté « best of du cinéma d’arts martiaux chinois » n’impressionnera probablement pas les cinéphiles qui ont déjà vu tout ça ailleurs, souvent en mieux.

– Si les bastons sont sympathiques, la réalisation plate et l’absence de violence et de gros impacts (on reste chez Mickey) ne les transcende pas vraiment.

– La foire aux flashbacks. Après, pour un personnage totalement inconnu du grand public, ça peut se justifier. – Comme la plupart des films de super-slips, c’est un peu longuet pour ce que ça raconte.

– L’acteur principal (Simu Liu) se donne du mal et possède un certain capital sympathie, mais c’est quand même pas le héros le plus charismatique du monde, ce Shang-Chi.

– Quand on découvre l’histoire de sa sœur qui en avait marre d’être dans l’ombre, on aurait pu s’attendre à un développement cool pour son personnage. Mais en fait non, ironiquement, elle reste plutôt dans l’ombre sur la deuxième partie du film aussi.

– Cette histoire d’anneaux de pouvoirs qui sont forgés dans une montagne et qui rendent fou le mec qui les porte, ça vous dit pas un truc ?

– La société secrète qui dirige le monde, basée dans un genre de monastère escarpé et inaccessible où des mecs cagoulés s’entraînent aux arts martiaux sous le contrôle d’un grand méchant paternaliste, ça vous dit pas un truc ?

– Le coup du héros Marvel qui doit se battre dans une arène, et au moment où son adversaire apparait, il se rend compte qu’il le connait, ça vous dit pas un truc ?

– Awkwafina qui parle de la mort avec sa grand-mère, ça vous dit pas un truc ?

Le saviez-vous ?

– Le racisme anti-asiatique, c’est mal.

– Mais quand même… ils aiment bien le karaoké, pas vrai ??

– Avant d’accéder à la célébrité, Simu Liu a apparemment servi de modèle pour stock photos. C’est ressorti récemment sur les réseaux sociaux et c’est une formidable occasion de se foutre de sa gueule.

Dans le prochain film, on explorera la face sombre de Shang-Chi : son amour pour la zumba.

– Dans la chambre de Shaun, on peut apercevoir le poster de Kung Fu Hustle. L’occasion de vous rappeler de regarder Kung Fu Hustle. Et Shaolin Soccer. Et The Mermaid. Bref, tous les films de Stephen Chow.

– Le film est dédié au coordinateur de cascades Brad Allan, malheureusement décédé cet été. Un homme qui a bossé sur de nombreux films de Jackie Chan et qui a signé les chorégraphies de nombreux films ces dernières années, parmi lesquels Scott PilgrimPacific RimKickass ou Kingsman. Il manquera à tous les amoureux de gros coups de pied circulaires dans la gueule.

Les conditions idéales pour voir Shang-Chi :

En salles, de préférence sans Gad Elmaleh et Kev Adams.

Ce qu’il faut en retenir :

Maintenant, vous saurez comment échapper à un contrôleur dans le bus.

Si vous avez aimé ce film, vous aimerez aussi :

Vous battre dans le Noctilien pour devenir une star de Youtube.

Envoyer des cartes postales de vos vacances.

Devenir un des meilleurs combattants du monde en 7 ans d’entraînement.

Agresser une femme au fin fond d’une forêt (mais après vous l’épousez donc ça va).

Respecter la Loi (la loi du talion plus précisément).

Stylée la nouvelle épreuve d’escrime aux jeux paralympiques.
The following two tabs change content below.

Riwan

J'avais pas mis mon masque, personne m'a reconnu.

Une réflexion au sujet de « Ciné Club Sandwich – Shang Chi et la Légende des Dix Anneaux »

Laisser un commentaire