Ciné Club Sandwich – 1917

1917 de Sam Mendes (2020)

 

Notation :

Boue : + + + + + +

Rythme cardiaque : + + + + + + + + +

Respawn : – – – – – – –

Cadavres en décomposition : + + + + +

Promenons-nous, dans les bois : – – – –

 

De quoi ça parle :

1917. Alors que les allemands et les alliés s’apprêtent à battre le record l’Escape Game le plus long du monde, Blake et Schofield (Dean-Charles Chapman et George MacKay), deux soldats britanniques, doivent faire 14 km en 8h pour remettre un message de la plus haute importance à un colonel anglais. Ah, et sur leur chemin, il y a des rats, des bombes, des pièges et des allemands (qui visent mal, heureusement).

 

Deux allemands pas très discrets en train d’espionner les alliés pour connaître leur stratégie

 

Les points forts :

  • On aurait très largement pu craindre qu’un film « intégralement en plans séquence » ne soit qu’un prétexte à une performance technique et marketing, mais force est de constater qu’en plus d’être virtuose dans la réalisation, ce choix rend le film aussi impressionnant qu’immersif. La preuve, je sentais très fort la transpiration en sortant de la séance (et c’est bien évidemment lié au film).
  • La musique, efficace et bien dosée. Même si on peut regretter de ne pas avoir eu le droit à une version de Fort Boyard remixée pour orchestre symphonique par Hans Zimmer. Pour rigoler un peu.
  • Les deux acteurs principaux (relativement inconnus au bataillon) sont touchants et crédibles dans leur rôle de jeunes premiers qui affrontent les horreurs de la guerre. Mention à George MacKay qui a dû bien en chier pendant le tournage (entre nous, DiCaprio a eu un Oscar pour (presque) moins que ça dans The Revenant).  
  • Plein de seconds rôles qui font plaisir à voir (Richard Madden, Andrew Scott, Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Mark Strong), même si c’est pour dire trois répliques et que dans le cas des deux derniers, on aurait aimé les voir en mode Kingsman, en train de corriger des Allemands en essayant de ne pas tâcher leurs chaussures dans la boue.
  • Vous allez pouvoir utiliser les expressions « claque visuelle », « expérience viscérale » et « on en ressort pas indemne » pour épater vos amis.
  • En général, les bons films de guerre ne donnent pas envie de la faire. C’est donc très réussi ici.
  • Mark strong n’est pas méchant (et ne pose pas le pied sur une mine).
  • Robb Stark n’est étonnamment pas mort.

 

L’épreuve du rondin était quand même plus intéressante quand elle était disputée par des anciennes Miss France

 

Les points faibles :

  • Au delà d’un certain manque de fond, on pourrait reprocher au scénario quelques facilités très hollywoodiennes qui rendent le film assez prévisible. Bon, on s’attendait pas à ce que les Allemands gagnent à la fin, mais quand même…
  • Même si c’est l’occasion de retrouver un rythme cardiaque correct, certains pourront trouver que le film souffre de quelques petites longueurs quand le rythme retombe un peu. Après c’est la contrainte du plan séquence, le mec ne peut pas sortir de l’eau et se remettre à courir en dix secondes alors qu’il était presque mort deux minutes plus tôt.
  • Un film de guerre avec des méchants allemands qui ne sont pas nazis n’a pas la même saveur. C’est sans doute pour ça qu’il y a plus de films sur la deuxième guerre mondiale que sur la première d’ailleurs.
  • La stratégie du héros pour se débarrasser des deux allemands bourrés dans le village fera bondir n’importe quelle personne qui a déjà joué à Call Of Duty. Un trauma crânien n’excuse pas d’être débile à ce point.
  • À certains moments, on se dit « décidément, il a de la chance ce garçon… ». Et puis on se rappelle du contexte et on se dit qu’en fait, « chance » n’est peut-être pas le terme approprié.
  • Ça fait trois ans que le mec est en France et il sait à peine dire une dizaine de mots. Pas bravo les efforts d’intégration.
  • Dans le film, on voit peu d’allemands, mais ils sont tous méchants, lâches et fourbes. Ça doit quand même être super relou d’être à la fois allemand et cinéphile.
  • On voit peu de roux aussi, ce qui n’est quand pas super réaliste sachant que c’est censé être tous des britanniques. L’invisibilisation des minorités dans le cinéma, ça commence à suffire !
  • Faire chanter Jean-Baptiste Maunier avant d’aller au combat ne semble pas la meilleure idée pour motiver ses troupes.
  • Les mecs qui avancent à deux à l’heure dans les couloirs de gauche des tranchées…
  • Mark Strong n’est pas méchant.
  • Robb Stark n’est étonnamment pas mort.

 

De plus en plus impressionnant, le budget « Décor et Costumes » de Norman Fait Des Vidéos. 

 

Le saviez-vous :

  • Si on en croit le générique, le « vrai » nom du bébé est Ivy-L. Finalement, c’est peut-être mieux dans le film quand elle n’a pas de prénom du tout.
  • Si ce film est un succès, Sam Mendes tournera 2019, un nouveau film épique tourné en plans-séquences sur deux jeunes femmes chargées de faire Denfert-Rochereau -> Porte de Pantin en moins de 8h pendant les grèves RATP.
  • Sam Mendes vient de mettre un gros coup à Damien Chazelle dans leur battle à distance de celui qui utilisera les plans-séquences les plus spectaculaires dans ses films.
  • Le film se passe en 1917.

 

Les conditions idéales pour voir ce film :

Après avoir terminé votre triathlon.

 

Ce qu’il faut en retenir : 

Ça va trop loin, cette mode du Mud Day.

 

Si vous avez aimé ce film, vous aimerez aussi :

  • Notre tuto « Comment se débarrasser d’une souris ? »
  • Courir dans des champs pour faire éclore plein d’oeufs sur Pokémon Go.
  • Acheter un GPS qui vous guide à base de « Après le cheval mort, prenez à gauche. Puis entrez dans la forêt au niveau du cadavre en décomposition ».
  • Tenir 8h sans pisser.
  • Les courses d’orientation.
  • Les services de messageries instantanées.
  • Pleurer en disant « mais la guerre c’est mal ! Arrêtez ! »

 

Surtout, rester naturel pour ne pas attirer leur attention sur moi…

 

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Bastien

J'aime bien les singes, Margot Robbie et Romain Gary.

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2 réflexions au sujet de « Ciné Club Sandwich – 1917 »

  1. Point faible : au moment où Benedict Cumberbatch lit la lettre annulant l’assaut, on ne voit pas l’amiral Ackbar disant « c’est un piège ! »

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