Ciné Club Sandwich — Greenland, le dernier refuge

Greenland, le dernier refuge, de Ric Roman Waugh

“Il parait qu’on voit sa vie passer devant ses yeux quand on meurt. Ce serait tout de même mieux si ça arrivait quand on est vivant.”

(Oui, il dit vraiment ça, et oui, c’est complètement con)

Notation :

Embouteillages : ++++
Darwin : +
Clichés : +++++++++
Insuline : ça dépend
Bruce Willis : –
Groenland : —

 

« En direct du péage de St Arnoult, retrouvons tout de suite notre correspondant Bison Grillé… »

 

Qu’est-ce que ça raconte ?

John (Gérard Butler), daron américain pas si parfait, reçoit un étrange message alors qu’il essaie de recoller les morceaux avec sa femme Alison (Morena Baccarin). La comète inconnue que tout le monde attend avec impatience risque en fait de détruire l’humanité comme de vulgaires diplodocus, et John, Ali, et leur fils Nathan (diabétique, c’est important) sont sélectionnés pour être évacués vers des bunkers à la localisation inconnue (y’a un indice dans le titre). Sauf qu’ils n’ont pas trop de chance et que d’autres obstacles plus abrutis les uns que les autres vont se dresser sur leur chemin.
Ah et aussi, on voit le Groenland (enfin, une jolie côte de l’Islande, mais après tout, tout ça est pareil) pendant environ 3 minutes.

Alternative en émojis, si jamais c’était trop long :

🚙
🌠
🏡
🎇
🔥
💀

 

Les points forts :

  • Les effets spéciaux, quand ils montrent les pluies de fragments dans le ciel, c’est joli. Et les ondes de choc, c’est impressionnant.
  • La liste de clichés sur les réactions diverses et variées face à la catastrophe imminente. Entre ceux qui font la teuf, ceux qui paniquent, ceux qui vont piller les magasins pour faire des stocks de PQ, ça rappellerait presque un truc.
  • En cette période compliquée, il est important de soutenir les salles de cinéma. Et plutôt que d’aller voir Akira en 4K ou de vous farcir un cycle Jean Renoir, pourquoi ne pas aller voir le dernier Gerard Butler ? Nous en tout cas c’est ce qu’on a choisi, sans vraiment savoir pourquoi.

 

Quitte à passer les trois quarts du film dans les bouchons, ils auraient au moins pu y caser quelques bagnoles tunées, pour l’originalité.

 

 

Les points faibles:

  • Gerard Butler est et restera une version cheap de Russell Crowe. Même la prise de poids, il ne l’a pas réussie aussi bien que son modèle.
  • Le personnage de Morena Baccarin, dont la seule caractérisation tient en « elle est plutôt forte en running ».
  • Globalement, le scénario. Non seulement la comète va détruire toute vie sur terre, mais le couple John-Ali est érigé en exception ultime à l’expression « avoir une chance de cocu ».
  • Les effets spéciaux, quand ils se contentent de coller un filtre orange sur la caméra, ou d’illustrer la destruction grâce aux sempiternelles visions de Tour Eiffel ou Opéra de Sydney en ruines.
  • Quelqu’un a eu la bonne idée de faire intervenir des acteurs charismatiques (Scott Glenn et Holt McCallany) pour les faire jouer environ 7 minutes à l’écran.
  • Au départ, Greenland devait être réalisé par Neil Blomkamp, avec Chris Evans dans le rôle principal. Si on n’était pas assez déçus comme ça, il faut en plus vivre avec le fait qu’on est peut-être vraiment passés à côté d’un bon film.

 

 

Au lieu de quoi, on a Gerard Butler qui fait la vaisselle. Notons aussi la présence d’un enfant diabétique sur cette image.

 

Ce qu’il faut retenir de ce film :

  • Que c’est pas la peine d’aller le voir. Ne gâchez pas vos sous ou votre temps. Regardez plutôt Armageddon, tiens, au moins y’a Bruce Willis dedans, et la musique est cool.
  • Si le gosse n’avait pas fait chier son monde pour une petite hyperglycémie (qui en principe, ne vous rend pas tout blanc et quasi-mourant) le film aurait duré 30 minutes, en épargnant bien des expériences traumatisantes à ses principaux protagonistes.
  • Kidnapper un gosse, même diabétique, ne vous filera pas de passe-droit, que ce soit pour entrer dans un bunker ou pour lui piquer son alloc de rentrée scolaire.
  • Ric Roman Waugh est un ancien cascadeur, tout comme Chad Stahelski et Sam Hargrave, respectivement réalisateurs de la trilogie John Wick et de Tyler Rake. La comparaison s’arrête là, et donne finalement davantage de crédit à ces derniers, notamment Sam qui n’a pas peur de violenter des enfants à l’écran, lui.

Le saviez-vous :

Les diabétiques ont besoin d’un traitement à base d’insuline. C’est important.

Si vous avez aimé, vous aimerez aussi :

Aller au cinéma avec un ami diabétique.

Le trafic de bracelets pour resquiller l’entrée des festivals. S’il y a à nouveau des festivals un jour.

 

Regardez bien, on va apercevoir le Groenland. Et même ça, c’est pas à l’échelle.

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Sarah

Bon public et mauvaise foi

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