Ciné Club Sandwich — Tyler Rake

Tyler Rake de Sam Hargrave (2020)

 

Notation :

Headshot : + + + + +

PNJ : – – – –

Crème anti-inflammatoire : + + + + + + + +

Respect du code de la route : – – – – – – – – – –

 

De quoi ça parle :

Tous les amateurs de cinéma se sont un jour dit à la fin d’un long métrage particulièrement marquant « Pfiou, qu’est-ce que j’aurais aimé le faire, ce film !».

Et bien après avoir vu John Wick, Sam Hargrave se l’est non seulement dit mais il l’a aussi fait. En prenant soin de remplacer le tueur américain et taiseux aux cheveux noirs par un tueur australien et taiseux aux cheveux blonds (Chris Hemsworth).

 

Les points forts :

  • Comme les réalisateurs de John Wick (David Leitch et Chad Stahelski) Sam Hargrave était cascadeur avant de passer derrière la caméra. Et ça se voit puisque les scènes d’action sont globalement très réussies. En même temps heureusement puisque 90% du film repose là-dessus.
  • Ce film peut servir de test de QI : si vous ne voyez pas venir tous les éléments du scénario, c’est que vous êtes vraiment con.
  • Le personnage de Saju (Randeep Hooda) est plutôt classe et a du potentiel. C’est aussi un des rares dont les motivations sont (très légèrement) approfondies. Bon, par contre, Tyler lui pardonne bien rapidement d’avoir tué tous ses potes.
  • L’absence de musiques dans certaines scènes rend l’action plus réaliste. Ça change des films qui mettent une musique symphonique à la Hans Zimmer dès qu’un personnage monte les escaliers.
  • Chris Hemsworth mal rasé avec une bière, probablement la situation dans laquelle il est le plus crédible (en tout cas c’est la situation dans laquelle on le préfère).
  • La carrière de Golshifteh Farahani qui va de Paterson à Pirates des Caraïbes en passant par Santa & Cie d’Alain Chabat, le remake américain d’Intouchables ou Les Malheurs de Sophie de Christophe Honoré. Après avoir partagé la vie de Louis Garrel et tourné dans deux de ses films, c’est tout logiquement qu’elle avait envie de jouer dans une production Netflix où elle abat un hélicoptère avec un bazooka.
  • Ce film vous rappellera que nous ne naissons pas tous égaux et que vous avez la chance de faire partie de ceux qui ne naissent pas au Bangladesh.
  • Tyler Rake c’est totalement un nom de catcheur, ce qui nous rappelle qu’on va bientôt voir Chris Hemsworth dans le biopic d’Hulk Hogan. Une bonne raison de survivre au confinement.
  • En cette période de confinement, on imagine que beaucoup de parents seront heureux de voir des enfants relous se faire jeter d’un toit ou démonter la gueule dans une ruelle.

 

Vous noterez que ce gros fragile porte des genouillères et des coudières. 

 

Les points faibles :

  • Si le film est un divertissement tout à fait acceptable dans son genre, il n’a ni le souffle de The Raid, ni l’esthétique de John Wick, ni Franck Dubosc en slip de bain.
  • Le film est très premier degré et aurait peut-être mérité un peu plus de légèreté. Une scène de chorégraphie à la Bollywood avec Chris Hemsworth qui danse dans les rues de Dakka aurait été un gros plus, par exemple.
  • Le scénario tiendrait sur un post-it, mais avec toute la place restante à côté, ça aurait gâché un post-it pour rien.
  • Ce film vous rappellera que nous ne naissons pas tous égaux et que vous n’avez pas la chance de faire partie de ceux qui ne naissent avec le physique de Chris Hemsworth.
  • Dans une interview où le film est comparé à John Wick, Sam Hargrave a déclaré que pour éloigner les deux personnages, « on a essayé de rendre plus visibles les blessures, les failles dans son armure ». C’est vrai, Tyler Rake n’a pas perdu son femme mais son fils. Ça change tout. 
  • C’est bien mignon de faire le malin à sauter de 30 mètres de haut dans une petite crique, mais c’est quand même super relou de se taper la remontée en sens inverse.
  • Le dernier plan, probablement censé laisser un faux-suspense (et ouvrir grand la porte à une suite au cas où l’investissement s’avèrerait rentable pour Netflix).
  • À Hollywood, c’est la grande mode de confier la réalisation de films à des cascadeurs. On attend maintenant impatiemment qu’ils confient les scénarios à des scénaristes.

 

Le saviez-vous :

  • Chris Hemsworth tue moins de gens dans l’ensemble des films Avengers que dans ce film. D’ailleurs, au début du film, la population du Bengladesh est de 161 millions d’habitants. À la fin, elle est de 732 personnes.
  • On ne dit plus « un film de gros bourrin avec un mec capable de mettre KO Teddy Riner avant d’abattre deux hommes avec une seule balle », mais « un film de gun-fu ».
  • Probablement lassé de jouer les doublures, Sam Hargrave s’est fait plaisir en se réservant un petit rôle dans le film (le sniper « G »). Comme il n’a que trois lignes de dialogues, on attendra un peu avant de l’imaginer en tête d’affiche du prochain Tarantino. 
  • Pour faire des économies sur le budget figurants, équipez tous les méchants soldats d’un casque et d’une cagoule. Comme on ne voit pas leur visage, vous pouvez ainsi les faire mourir à chaque scène sans que le spectateur ne se rende compte de rien.

 

– J’envoie la preuve que tu es vivant à ton père.

– …

– Si je mets un filtre Snapchat pour t’ajouter des oreilles de lapin, tu penses que ça va le faire rigoler ? 

 

Les conditions idéales pour voir ce film :

Juste avant de regarder l’intégrale de François Truffaut qui se lancera automatiquement à la fin.

 

Ce qu’il faut en retenir : 

Méfiez-vous des femmes qui trainent dans les toilettes pour hommes.

 

Si vous avez aimé ce film, vous aimerez aussi :

  • Vous couper des doigts pour prouver à vos amis votre fidélité.
  • Les trucs qui explosent.
  • Les os qui craquent.
  • Découvrir un tout autre sens à l’expression « se prendre un râteau ».

 

Les personnes qui trouvent les rues de Paris sales devraient aller faire un tour au Bangladesh. 

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Bastien

J'aime bien les singes, Margot Robbie et Romain Gary.

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