Godless

Godless, série Netflix réalisée par Scott Frank (2017). 

 

Notation : 

Les chevals sont génials : + + + + + + 

Y’a un serpent dans ma botte : + + + + 

Allergies à la poussière : – – – –

Respect des conditions élémentaires de sécurité au travail : – – – – – – – 

Nord Pas de Calais ensoleillé : + + + + 

On ne choisit pas ses voisins : + + + + + 

 

De quoi ça parle : 

Dans le petit patelin de LaBelle, au fin fond du far-west, la population est quasiment uniquement composée de femmes. En cause, un accident dans la mine qui a tué les 90 hommes du village. Les seuls hommes qui ont échappé au drame sont le barman du saloon, un ou deux vieillards, le jeune adjoint du shérif (Thomas Brodie-Sangster) et le shérif lui même (Scoot McNairy). 

Deux ans après l’accident, les femmes, emmenées par Mary (Merritt Wever) – la très débrouillarde soeur du shérif – se sont organisées et tentent de s’en sortir (sans avoir à porter de trucs lourds). Mais leur tranquillité est mise en danger par l’arrivée dans la région de Roy Goode (Jack O’Connell), un jeune cowboy surdoué et beau-gosse qui a déserté la bande de Frank Griffin (Jeff Daniels), un pasteur psychopathe qui n’est autre que son père adoptif. 

Roy trouve alors refuge chez Alice Fletcher (Michelle Dockery) une fermière qui vit non loin de LaBelle avec sa belle-mère indienne et son fils tandis que Frank Griffin et sa trentaine d’hommes de main massacrent tous les villages de la région pour le retrouver. 

 

Quand t’es intolérant, et pas qu’au gluten. 

 

Points positifs : 

• Une série Netflix avec Steven Soderbergh à la production, Scott Frank (Logan, Minority Report et Marley et Moi (???)) au scénario et à la réalisation. 

• Un bingo parfait du genre western, toutes les cases sont cochées avec application : le cowboy solitaire, le shérif, le territoire hostile, le dressage des chevaux, la vengeance, la violence, l’indien mystérieux et superstitieux, le duel et l’inévitable réparation de clôture.

• En termes de réalisation et de photo, c’est presque de l’art. Les immenses plaines du grand ouest américain filmées au soleil couchant, les chevaux qui courent à l’horizon : indéniablement le plus beau spot d’un office de tourisme depuis celui du Seigneur des Anneaux pour la Nouvelle-Zélande. 

• De belles surprises au casting. En premier lieu, Jeff Daniels, impressionnant en pasteur enragé (vous l’avez ?), mais aussi Jack O’Connell (vu dans Skins) en cowboy mystérieux. Enfin, si vous détestiez son personnage de Lady Mary dans Downtown Abbey, voilà une bonne occasion de vous réconcilier avec Michelle Dockery puisqu’elle interprète une anti-Scarlett O’Hara (leur seul point commun étant qu’elles collectionnent toutes les deux les maris). 

• Une excellente B.O, ce qui n’est jamais évident quand on fait un western et qu’Ennio Morricone est passé avant. Entre compositions originales « d’ambiances » très réussies et reprises folk de tubes populaires (Seven Nation Army, Bang Bang, Toxic, Billie Jean). Bon après, avec la qualité des images proposées, même un titre de Fancky Vincent prendrait une dimension aérienne et lyrique si on le collait dessus. 

• À un moment, un mec gueule « MARTHAAAAAAAA » pour appeler sa meuf (et si vous avez vu Batman vs Superman, ça vous fera beaucoup rire). 

• Il n’y aura pas de saison de trop puisqu’il n’y en aura qu’une.

 

« Je me demande si je ne la préférais pas en bleu cette clôture, finalement. T’en penses quoi chéri ? » 

 

Points négatifs :

• Malgré la promesse de base, ne vous attendez pas à un gros western féministe où des cow-girls construisent une cité luxuriante et matriarcale tout en bottant le cul des mecs qui viennent les faire chier. Au contraire, les personnages principaux sont essentiellement masculins, et même si plusieurs femmes fortes ont un rôle important dans le récit, les arcs narratifs tournent rarement autour d’elles. Le côté « ville de femmes » est plus un prétexte à l’histoire (et à un coup marketing) qu’autre chose. D’ailleurs un mec s’est amusé à compter le pourcentage de répliques prononcées par des femmes dans le premier épisode et on ne dépasse pas les 30%. Si vous êtes membres du forum jeuxvidéo.com ou que vous utilisez fréquemment l’expression « féminazis », vous pouvez passer ce paragraphe dans les points forts.

• À partir du trois ou quatrième épisode, la série enchaîne les flashbacks de manière compulsive et un peu gratuite, histoire de développer les personnages et montrer comment ils se sont construits. Ce qui part d’une bonne intention mais devient vite lourd quand il s’agit de montrer la fois où Jean-Michel Cowboy s’est fait piquer son Yop à la récré pour justifier qu’il soit devenu super méchant.

• Si la perspective de voir un cheval courir devant un beau coucher de soleil ne vous enthousiasme pas plus que ça, vous risquez de trouvez qu’il y a quelques longueurs. 

• Au moins deux personnages meurent lamentablement et sans gloire alors que les trois ou quatre épisodes précédents s’étaient bien chargés de les rendre intéressants et sympathiques. 

• Ok, les cowboys n’étaient probablement pas tous des génies en tactique militaire mais de là à se poster au milieu d’une rue et se laisser canarder pendant 20 minutes depuis les bâtiments autour sans envisager de se replier ou de se mettre un minimum à l’abri, c’est un peu gros.

• D’ailleurs, les principaux hommes de main de Frank Griffin auraient mérité d’avoir un peu plus de consistance. C’est à peine s’ils sont présentés tout au long des sept épisodes. On sait juste qu’ils sont méchants, bêtes, alcooliques et sales. Difficile de les différencier les uns des autres, voire des gentils, donc.

• Toutes ces histoires de mines pour ne même pas mettre « Les Corons » dans la BO…. 

 

Le saviez-vous : 

À l’époque, les lunettes coutaient 25 cents. Alors l’inflation, tout ça, d’accord, mais Afflelou se fout quand même bien de notre gueule. 

On s’envoyait déjà des sextos au 19ème siècle, sauf que c’était par courrier et qu’une fois sur deux la diligence était braquée avant d’arriver à destination. Ce qui ne facilite pas l’émulation. 

 

« Allez, encore trois jours à galoper et crever de soif et… À MOI TOUTES LES MEUFS DE LA VILLE ! »

 

Les conditions idéales pour regarder cette série : 

À cheval, en galopant devant un beau coucher de soleil. Pensez à recharger votre ordinateur avant par contre, il doit tenir sept heures et niveaux multi-prises, c’est pas la région la mieux équipée. 

 

Ce qu’il faut retenir : 

Le far-west c’est génial parce qu’on peut passer ses journées à faire du cheval devant des paysages magnifiques. 

Le far-west c’est moins génial parce qu’il fait chaud, que le sable s’insinue partout, qu’il y a des serpents dangereux, des mecs ivres qui veulent te violer, des mecs ivres qui veulent te buter et des mecs sobres qui veulent quand même faire les deux. 

 

Si vous avez aimé cette série, vous aimerez aussi : 

Porter un chapeau, des bottes et un pantalon qui serre trop à l’entrejambe.

Revoir votre jugement sur toutes ces meufs qui font de l’équitation et dont vous êtes toujours tenté de vous moquer parce qu’elles confient leurs secrets à leur cheval comme si c’était leur meilleure copine (et qu’il en avait quelque chose à foutre).

Utiliser des passages de la Bible pour justifier vos massacres (mais avec d’autres livres religieux ça marche aussi).

Savoir comment vous allez mourir et donc être serein en toutes circonstances.

Deadwood, l’autre série référence dans le genre western.

Westworld : toujours dans le genre western mais plus de robots tueurs et de meufs à poil. Et accessoirement la première série sponsorisée par une marque de médicament (Doliprane).

Hors d’atteinte, avec déjà le duo Steven Soderbergh et Scott Frank aux manettes.

The Rider de Chloé Zhao et Hostiles de Scott Cooper. Deux films avec des cowboys sortis récemment. Le premier parle d’un jeune prodige du rodéo qui doit trouver une nouvelle raison de vivre après un accident de cheval et le deuxième est un western avec Christian Bale et Rosamund Pike (pour lequel Christian Bale n’a pas eu besoin de prendre ou perdre 30 kilos). 

 

– Bon, vous êtes prêts ? C’est une course importante hein, il y a de l’enjeu ! À mon signal…

– … Vous savez qui c’est, vous, ce Phil Collins ?

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Bastien

Only Ovale Masqué can judge me.

Une réflexion au sujet de « Godless »

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