Duel Musique – Sigue Sigue Sputnik vs Sigue Sigur Rós

Cet album de Sigur Rós s’intitule (). Et raconte donc l’histoire de 2 smileys diversement réceptifs à leurs énucléations.

Sigue Sigue Sputnik,c’est avant tout de la classe et du bon goût.

 

Youpi, c’est la fête :

Issus de la vague punk anglaise, les membres de Sigue Sigue Sputnik parviennent au milieu des années 80 à synthétiser la jouissive imbécillité épicurienne du punk & la non moins stupide festivité du disco high energy. Sans surprise, le résultat est plutôt dansant et paillard. En musicologie, l’accouplement contre-nature de la bêtise punk et de la balourdise disco portera d’ailleurs plus tard le nom de dance, le summum en matière de pop débile.

« Sigur Rós est un groupe de rock d’avant-garde islandais, originaire de Reykjavik. Leur style éthéré se nourrit de musique classique et minimaliste mais aussi de rock progressif », nous dit Wikipédia. Alors c’est effectivement très beau, délicat et sophistiqué, mais putain, un dimanche après-midi sous la pluie roubaisienne paraît plus festif. De plus, le groupe porte le nom de la petite sœur de leur leader, Jón Þór Birgisson. Il semblerait que choisir ce nom est le truc le plus fun que ce dernier ai jamais fait (avec la fois où il a fait une entorse à son régime crudivore pour manger un poireau bouilli sans sel).

Vainqueur : Sigue Sigue Sputnik sans contestation possible.

 

Trompette :

Dans leur recherche d’arrangements toujours plus sophistiqués, Sigur Rós est bien évidemment passé par la case trompette. Mais ça n’a duré que 3 ans, le temps de frayer vaguement sur les terrains habituels d’Arcade Fire. Un épisode vaguement plus gai, avant de revenir aux fondamentaux du groupe : de longues plages contemplatives seulement humanisées par le falsetto de Birgisson (un falsetto, c’est quand on chante en essayant d’imiter au mieux un petit garçon asthmatique à qui on ferait subir une trachéotomie sans anesthésie).

Guitare électrique et boite à rythmes, tels sont les instruments immuables de la formule Sigue Sigue Sputnik, qui leur permettra la création de 6 albums, dont pas moins de 2 chansons écoutables. Néanmoins, n’oublions pas qu’à l’origine, le jazz est une musique festive, faite pour les nuits de beuverie enfiévrées. Or le jazz c’est aussi la première musique à avoir donné le premier rôle à la trompette (la musique militaire ne compte pas). De ce point de vue-là, Sigue Sigue Sputnik se place dans la plus pure tradition du jazz des origines, utilisant seulement des instruments plus modernes, en phase avec son univers de science-fiction de série Z.

Vainqueur : Malgré leur monomanie instrumentale, Sigue Sigue Sputnik l’emporte philosophiquement, car s’inscrivant parfaitement dans l’histoire du concept de trompette.

 

Asservissement d’un auditeur du groupe :

Disclaimer : Vu la typologie des auditeurs de ces deux groupes, nous ne voyons en aucun cas l’intérêt de mettre en pratique ce qui suit. Nous nous y intéresserons ici du seul point de vue théorique et nous nous dégageons de toute responsabilité si vous vous lancez là-dedans.

Les fans de Sigur Rós sont de pauvres choses malingres et faibles de caractère, mais font preuve vis-à-vis de ce groupe d’une dévotion sans faille. Ainsi, la seule mention du fait que vous connaissez Sigur Rós vous vaudra de leur part une reconnaissance éternelle. La difficulté sera alors de parvenir à s’en débarrasser.

 

Trop mignon. Brûlez-moi ça.

 

Les fans de Sigue Sigue Sputnik n’existent pas. En revanche, tous les vieux punks millésimés d’époque les ont croisés au cours de leur parcours musical. Pour parvenir à vos fins, procédez comme suit :

1-Au détour d’une conversation tournant autour du mouvement punk, mentionnez Sigue Sigue Sputnik.
2-Profitez du silence consécutif, vous n’en aurez plus de sitôt.
3-Observez ce vieux visage ravagé par les excès et le temps se décomposer peu à peu.
4-Saisissez le moment furtif où les quelques neurones restant dans cet organisme seulement cliniquement vivant parviennent à retrouver trace du groupe dans les recoins les plus malfamés de la mémoire du spécimen.
5-Une lueur violette apparaît dans ses yeux, signe d’une expérience traumatique longtemps refoulée refaisant enfin surface dans la conscience du sujet.
6-Ecoutez-le balbutier maladroitement ces quelques mots : « Le truc…A…Le truc avec les cheveux? »
7-À ce point, il ou elle devrait partir d’un long éclat de rire hystérique. Le jeu est fini, vous avez gagné un compagnon inséparable, vous reconnaissant comme l’un des siens, mais avec un système nerveux en état de marche.

 

Répugnant. Brûlez-moi ça aussi.

 

Vainqueur : Le fan de Sigur Rós s’avère d’une inutilité et d’une passivité sans bornes. Tout au plus pouvez-vous vous en servir comme cache-pot. Le vieux punk ne sert à rien non plus, mais avec son espérance de vie, vous n’aurez pas trop longtemps à subir sa présence. Victoire de Sigue Sigue Sputnik.

 

Alors je vous vois vous moquer, mais sachez que contrairement à la plupart des groupes américains
de hard-rock de l’époque, Sigue Sigue Sputnik adoptait ce look par sens de l’humour.

 

Chansons à texte :

Voici la traduction du premier couplet du tube 21st Century Boy de Sigue Sigue Sputnik :
Stéréo, vidéo
Sexe de science-fiction, allons-y
Allons-y
Rêves de Saturne, faisceaux laser
Machine à sexe du 21° siècle
On va pas se mentir : ce n’est pas du Shakespeare.
L’une des particularités de Sigur Rós, c’est qu’une bonne partie de leurs textes sont écrits en Vonlenska, un langage totalement inventé qui reprend des sonorités de l’Islandais, langue tellement peu parlée et biscornue qu’elle ne vaut pas beaucoup plus. Si leurs textes valent quelque chose, seul Jón Þór Birgisson en sait quelque chose.

Vainqueur : Victoire par forfait de Sigue Sigue Sputnik, qui réalise ainsi le Grand Chelem.

 

Verdict:

Même pour la blague, on ne peut en AUCUN cas laisser Sigue Sigue Sputnik gagner quoi que ce soit, même un article aussi navrant que celui-ci. Sigur Rós l’emporte donc haut la main.

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