Ciné Club Sandwich – First Man

First Man de Damien Chazelle (2018)

 

Citation :

« … »

Notation :

Ryan Gosling fixe les étoiles avec l’air perdu : ++++
Ryan Gosling fixe sa femme avec l’air perdu : +++++
Ryan Gosling fixe le mur avec l’air perdu pour ne pas regarder ses enfants : ++++++
À jamais les premiers on craint degun on est des Américains : +

 

Qu’est-ce que ça raconte ?

Presque 50 ans après, enfin le making of du meilleur film de Stanley Kubrick.

 

Conduire une fusée c’est comme pour n’importe quel moyen de transport, le plus chiant c’est de passer le code.

 

Les points forts :

  • Damien Chazelle revient au côté épuré de Whiplash (avec une histoire qui raconte un peu la même chose, un mec tellement obsédé par son objectif qu’il devient un gros connard) et évite le spectaculaire ou les écueils de la grande fresque bien pompeuse.
  • Il y a Kyle Chandler qui joue un chef de la NASA avec un accent texan. à tout moment on s’attend à ce qu’il demande à Ryan Gosling de lancer une formation en shotgun puis de faire la passe à Buzz Aldrin en position de wide receiver.
  • Claire Foy est très bonne dans le rôle pourtant pas facile de la femme qui attend dans la cuisine et qui engueule son mari parce que quand même, il est un peu dangereux son boulot.
  • Quand on voit à quel point les gamins de Neil Armstrong étaient relous, on comprend qu’il ait eu envie de se barrer très loin.
  • Les petits vieux devant moi dans la salle ont été réveillés à chaque scène où une fusée décolle. Il faut dire que ça fait beaucoup de bruit et que c’est bien immersif. Vivement la version 4X avec le seau pour gerber.
  • Une tension palpable lors de la scène de l’alunissage, même si on se doute bien que sauf énorme twist à la Shyamalan, la fusée ne va pas exploser.
  • La scène sur la Lune donne est jolie et donne envie d’y aller alors que bon, ça reste quand même un grand terrain vague comme on peut en trouver partout dans le 93.
  • Vous pouvez avoir le seum dans la vie, mais vous n’aurez jamais autant le seum que le troisième astronaute de la mission Apollo 11 qui s’est tapé près de 400 000 bornes pour atteindre la Lune sans avoir le droit de descendre du module.

 

Contrairement aux apparences, ceci n’est pas le plan d’une adaptation d’un livre de Stephen King

 

Les points faibles :

  • C’est bien de la jouer drame intimiste plutôt que biopic lambda. Mais c’est quand même un peu froid et ce n’est pas forcément facile de s’attacher aux personnages (ce qui est dommage sachant que 80% du casting crève).
  • Ce film ne porte pas totalement la patte Damien Chazelle car il est composé de moins de 10 plans-séquences.
  • Dès que les personnages discutent de points un peu techniques, on ne comprend plus rien et on a la désagréable impression d’être un lycéen en première L qui s’est trompé de salle et se retrouve dans un cours de physique pour Terminale S.
  • Les gens qui n’aiment pas Ryan Gosling sous prétexte qu’il serait inexpressif risquent de ne pas de changer d’avis après avoir vu ce film (en même temps, qu’est-ce qu’il y peut si on lui écrit presque toujours des rôles d’autistes ?).
  • L’aspect politique et concours de kékettes avec l’URSS est évoqué en toile de fond mais pas plus que ça non plus. D’ailleurs, le planté de bâton et le drapeau américain sont totalement zappés (mais pas la célèbre phrase d’Armstrong, qui sonne un peu faux tant le personnage incarné par Gosling semble incapable de sortir ce genre de phrases, voire de faire des phrases tout court).
  • Tout cela aurait été plus intéressant s’il y avait eu des œufs d’Alien sur la Lune.
  • Tout cet argent dépensé pour aller sur la Lune alors qu’il aurait pu servir à quelque chose d’utile et concret. Comme faire un parc d’attraction avec des dinosaures par exemple.

 

Le saviez-vous :

Buzz Aldrin est un con. Enfin moi je sais pas, mais c’est ce que le film a l’air de dire.

 

« Un dernier réglage et… c’est bon. Normalement vous devriez pouvoir continuer à écouter la matinale
d’Eric Brunet pendant le voyage. » 

 

Ce qu’il faut en retenir :

Le confort des navettes spatiales vous fera relativiser vos trajets sur Ryanair.
 

Si vous avez aimé, vous aimerez aussi :

  • Vivre dans une banlieue pavillonnaire américaine avec votre voisine qui vous apporte une tarte aux pommes au moment de votre emménagement.
  • Les repas de famille gênants
  • Les bruits de tôle froissée
  • Les chemisettes à carreaux.
  • Les enterrements
  • Faire Space Mountain 8 fois en une journée avec une fausse carte d’handicapé

 

« Merde… est-ce que j’ai bien pensé à fermer le velux de la chambre d’amis ? »

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Riwan

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J'avais pas mis mon masque, personne m'a reconnu.
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5 réflexions au sujet de « Ciné Club Sandwich – First Man »

  1. Relis-toi: pourquoi des petits vieux seraient-ils réveillés « à chaque fois » qu’une fusée décolle, dans un « drame intimiste ». A part ça, quel talent!

  2. Gosling inexpressif, ben disons qu’une de ses interprétations les plus expressives reste celle de l’androïde dans Blade Runner 2049.
    « en même temps, qu’est-ce qu’il y peut si on lui écrit presque toujours des rôles d’autistes ? »
    Enfin bon, en même temps si avec son statut de star il est pas foutu de choisir d’autres rôles c’est que ça lui plait, non?

    1. Il est expressif (et très drôle) dans The Nice Guys de Shane Black (qui sans spoiler notre prochain article, est un peu plus réussi que son The Predator). Dans plein d’autres films il joue « normalement » et je le trouve plutôt bon.

      Après c’est sûr qu’entre Drive, Only God Forgives, Blade Runner 2049 et First Man il fait toujours un peu le même (sous-)numéro. Ça me dérange pas tant que ça colle à l’écriture du perso.

      1. Il a joué un néonazi, un mec amoureux d’une poupée gonflable, un androïde de façon très convaincante et son jeu, disons, « tout en retenue » n’y était pas pour rien. Si je déteste, par exemple, Only God Forgives c’est plus à cause du style du réalisateur que de Gosling. Je le trouve dans l’ensemble plutôt bon et heureusement car comme ma femme l’adore je me suis tapé tous ses films!

  3. « Vous pouvez avoir le seum dans la vie, mais vous n’aurez jamais autant le seum que le troisième astronaute de la mission Apollo 11 qui s’est tapé près de 400 000 bornes pour atteindre la Lune sans avoir le droit de descendre du module. »
    Ca ne m’étonnerait pas que cet astronaute ait une ascendence belge …

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