Ciné Club Sandwich – Space Jam, Nouvelle ère

Space Jam, Nouvelle ère de Malcolm D. Lee (2021)

Notation :

Quoi d’neuf docteur ? : ++++++
Fan service : +
Vieille Dame Time : ++
Placement de produit : +++++++++++++++++++++++++++++++++
MVP : Zéro
Les Blancs ne savent pas sauter : ++++++++

Citation :

“AAAAAAHHHHAAAAAAAAAAAHaaaaaahhhhhhAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH !”

L’équipe du film lors de la première projection

De quoi ça parle ?


Une carrière ahurissante, des clubs prestigieux, des titres en pagaille, et une famille de pub Kinder Maxi. LeBron James (King James), meilleur basketteur de sa génération, a tout pour être heureux, y compris une machine intelligente qui lui jette des ballons. Et euh… C’est à peu près tout.
Ah nan, son fils Dom (pas Toretto) étant un ultra nerd petit génie de l’informatique préfère les jeux vidéo au ballon orange, et ça crée des tensions. Heureusement, son papa l’emmène à un rendez-vous professionnel où il se fait kidnapper par un algorithme-en-costard-qui-brille (Don Cheadle). Propulsé dans le “serveur monde” de Warner, genre d’univers où cohabite l’intégralité du catalogue HBO, le père doit jouer sa liberté, ainsi que l’existence des Looney Toons dans un match de basket largement vidéoludique, où la triche est permise, les points de style comptent, et dont les enjeux sont environ les mêmes que ceux du premier Space Jam, sans Michael Jordan, mais avec les sous de Nike. Par contre, le public n’a plus 7 ans et demi, et l’absence de Bill Murray n’aide pas.

Les points positifs :

  • Comme dans n’importe quel film avec des toons, on apprécie forcément les spécialités de personnages qui fonctionnent depuis des décennies. Les gags de Bip-Bip et Coyote ou les punchlines de Daffy Duck resteront à jamais une valeur sûre pour rigoler.
  • Les références au basket ou au premier Space Jam sont toujours bienvenues. Elles ne sauvent pas le film, mais vous feront vous sentir supérieur si vous les comprenez toutes.
  • Si le casting principal est plutôt banal, les caméos et figurants de luxe sont présents, venus prendre leur chèque, parce que hého, c’est la crise, y’a des impôts à payer, et c’est Nike qui régale.
  • On pourra reprocher bien des choses à Don Cheadle, mais pas de jouer en sourdine. Il donne absolument tout ce qu’il a, et passe par davantage de changements de costumes que Lady Gaga ou Mylène Farmer, avec le même goût discutable pour le lamé.

Clippy était un trombone, voici sa frangine, l’attache parisienne

Les points négatifs :

  • Absolument tout le monde joue mal. C’en est presque douloureux de voir LeBron passer pour un tel débutant ascendant blaireau alors qu’il joue son propre rôle.
  • Le scénario, basé sur un point de départ improbable et des poncifs cuculs, fait passer celui du premier Space Jam pour un Nobel de littérature.
  • Globalement, le film est assez moche. Si certaines séquences restent au moins lisibles, la “mise à jour” des toons version peluche mitée de station service et surtout la forme “augmentée” de Don Cheadle déçoivent. On n’a pas attendu si longtemps et souffert à ce point pour une créature qui rappelle douloureusement le Roi Scorpion dans le Retour de la Momie.

“Alors docteur, où est-ce qu’on signe la plainte pour utilisation insultante de mon image ?”

  • A l’image des 5 dernières minutes des grands matchs de basket qui s’étirent pendant 2 heures avec un score ultra serré, et des pauses toutes les 3 secondes pour un temps mort ou une faute, ce film est interminable. La différence, c’est que si pendant un match, tout le monde risque la crise cardiaque à cause de la tension, ici, on meurt d’ennui.

Si vous avez aimé, vous aimerez aussi :

  • Le film Sonic AVANT qu’il ne retourne au département effets spéciaux. Clairement, si les toons version “réelle” ne vous filent pas des cauchemars, plus rien ne pourra vous faire peur.
  • Réinstaller Word 97 afin de retrouver Clippy, l’assistant-trombone relou. Ici, il s’appelle Pete.

Vous n’aimerez pas ce film si… :

  • Vous devez expliquer à vos enfants de moins de 12 ans d’où viennent les psychopathes sortis de Game of Thrones, Ca, Orange Mécanique ou la Nonne, astucieusement placés au premier plan du public Warner. Du moins si vous les reconnaissez. On a vu des répliques plus réussies sur Wish.

  • Vous appréciez LeBron James parce que vous le trouvez plutôt rigolo et sympathique, en plus d’être créatif sur les parquets.
“Nous, on en était au Drencrom, ça vous affute l’esprit et ça vous met en train pour une bonne petite fête d’ultra violence”

La condition idéale pour voir ce film :


Sachant que Justin Lin a lâché la réalisation de ce Space Jam pour aller tourner les Fast & Furious 9 et 10, on serait tentés de vous conseiller de suivre son exemple.

Le Saviez-vous ?

LeBron James a zappé les Jeux Olympiques à cause de ce film. Risqué, sachant qu’on venait à peine de lui pardonner le Harlem Shake.

Ce qu’il faut en retenir :

  • Si vous voulez voir une avalanche de références pop-culture amassées dans un petit espace, regardez Ready Player One.
  • Si vous voulez voir un méchant manipuler un ado en pleine crise pour le retourner contre son père, revoyez Hook.
  • Si vous voulez voir LeBron James BIEN jouer son propre rôle dans un film, regardez Crazy Amy (en plus, on y trouve aussi John Cena).
  • Si vous voulez qu’on vous répète 25 fois que la famille, c’est ce qu’il y a de plus important, regardez un Fast & Furious (en plus, on y trouve parfois The Rock ou John Cena)
  • Kobe Bryant l’aurait mieux joué :'(
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Sarah

Bon public et mauvaise foi

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