Ciné Club Sandwich – RRR

RRR de S.S. Rajamouli (2022)

« CHARGE – VISE – TIRE »

Notation :

Surhomme moustachu : +++++
Surhomme torsepoilu : +++++
Animaux sauvages : +++++++
Explosions : ++
Fractures : +++++++++
Empire britannique : –

Notre réaction devant ce film. Pendant trois heures. On a des courbatures au visage.

L’Histoire

Malli, une petite fille qui chante bien et fait des super tattoos au henné, est arrachée à son village pour jouer les divertissements chez le Gouverneur de Delhi.
Bheem, expert en chasse à mains nues et en plantes médicinales, qui vient du même village, est chargé de la retrouver et de la ramener.
Ram, jeune policier à la moustache soyeuse, veut désespérément monter en grade au sein des forces anglaises malgré le racisme ambiant et le mépris de ses capacités.
Le film s’appelle RRR pour Rise Roar Revolt, donc préparez-vous pour la Révolution.
(Mais on vous le dit parce qu’on vous aime bien : vous ne serez jamais prêts pour ce film.)

Les Points Forts

  • Honnêtement, c’est un film extraordinaire. Vraiment. La recherche de plans, de cadrage et de faire du vrai CINÉMA est là. Le résultat, c’est que même quand une scène devrait paraître totalement ridicule, on est corps et âme avec les personnages, en apnée, ou tendu jusqu’à développer des crampes dans les orteils. Et punaise, ça fait du bien, même pour une battle de danse.
  • Quand on pensait avoir tout vu, se sentant blasé des films d’actions qui se ressemblent tous ou, pire, qui ressemblent à The King’s Man, RRR met une giga branlée à toutes les lassitudes. Et le film gère bien les ruptures de ton, on passe de phases ultra-vener à la comédie romantique au conte historique sans voir les coutures.
  • Même si vous faites partie des gens que les scènes chantées rebutent dans le cinéma indien, les numéros musicaux sont rudement chouettes, et les chorés sympa. De quoi donner envie de se lever et danser sur son fauteuil en jetant en l’air les popcorns des voisins.
  • La polyvalence dans la bagarre. On se bat à mains nues, mais aussi avec des bâtons, des fusils, des lances, du tir à l’arc de flèches avec ou sans grenade, en balançant des tigres ou encore des motos. Y’a même un fouet à clous.
Il est tellement fort qu’il finit même pas avec du cambouis sur les mains
  • Pour une fois, il y avait plus de huit personnes pour voir ce film indien en salle. Et une sacrée bonne ambiance à base de rires, cris, applaudissements et sifflements lors des scènes particulièrement spectaculaires.
  • Tous les anglais ne sont pas méchants. Il y en a une qui est gentille.
  • Ce film est le blockbuster idéal pour digérer The Batman, qui nous avait donné envie de ressortir nos compiles de Nirvana, d’arrêter de se laver les cheveux et rester au lit jusqu’à 14h. Avec RRR, on a envie de déchirer son t-shirt, de faire des pompes, de jouer de la batterie, de danser, d’aller au zoo de Vincennes et d’entrer dans les enclos pour fraterniser avec les animaux. Et cette énergie est la bienvenue en ces temps compliqués.

Les Points Faibles

A un moment c’est un peu longuet.

Ce qu’il faut en retenir :

  • Chez Rajamouli, c’est toujours le méchant le plus beau. Bon, ok, sauf dans Eega. Mais dans Eega, le gentil est une mouche.
Oh voui viens donc éteindre l’incendie dans mon cœur bébé
  • Vous pensiez qu’on détestait les Anglais, ici en France ? Avec Jeanne d’Arc, la guerre de Cent Ans, le Brexit et la hausse des prix de l’immobilier en Bretagne ? Ptis joueurs va.
  • La chanson « Naacho naacho naacho » donne un peu faim.

Le Saviez-vous

  • Ils précisent en intro qu’aucun mal n’a été fait aux animaux en CGI, mais QUI dit qu’aucun Anglais n’a été martyrisé/brutalisé/écrasé/griffé à mort/dévoré/transpercé durant le tournage. HEIN ?
  • Dans le rôle du méchant très méchant vraiment vachement méchant, Ray Stevenson est venu chercher son chèque ainsi qu’une opportunité de prouver que les Anglais ont tellement honte qu’ils ne veulent pas jouer leur propre rôle.
Le mec a joué Barbe-Noire dans Black Sails, il est à l’aise avec le mal de mer
  • La femme du gouverneur, encore plus méchante que son époux, est incarnée par Alison Doody, la Elsa Schneider d’Indiana Jones et la dernière croisade. Une campagne de prévention ambulante contre le botox et la chirurgie esthétique.
  • Le nombre de personnages féminins dans le film est proportionnel au nombre de spectatrices dans la salle.
  • Dans les films indiens, les nazis sont les anglais. Gageons que les français sont les nazis des films d’Afrique de l’ouest. On est tous le nazi de quelqu’un au fond.

Les conditions idéales pour voir ce film :

  • Dans une armurerie ou une forêt, sur un cheval ou une moto.
  • Avec votre bon copain à qui vous faites des déclarations passionnées toutes les deux minutes. Avant de rejoindre votre meuf parce que bon, l’homosexualité c’est un truc de décadent occidental.
  • Pas avec des Anglais

Vous aimerez aussi

Vous n’aimerez pas :

  • Les relous qui font déjà des vannes sur le film de Chabat. Attachez-les, bâillonnez-les et foutez-les devant ce film. Plus jamais ils vous ressortiront le « Y va faire tout noir »
  • Poser le genou à terre. Surtout devant des Anglais.
QUOI ? Y’A DES GENS QUI AIMENT PAS LE CINÉMA INDIEN ? RAAAAAAAAAAAAHHHHHH

PS : Le film a bénéficié d’une vraie sortie en salles en France. Elle sera peut-être limitée, mais n’hésitez pas à vérifier les séances régulièrement mises à jour sur http://www.desi.paris/

Ne loupez pas ce chef d’œuvre.

Laisser un commentaire